Non, cette vidéo ne montre pas une séance de dépigmentation de la peau en Afrique

0
740
Une image illustrant le soin du visage pendant et après traitement. Photo: Glow by Glamdaisy

Une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, principalement Facebook décrie la pratique de dépigmentation de la peau. Illustrée par une vidéo, authentifiée par Congo Check, cette affirmation est fausse car la vidéo montre plutôt une séance de dans un Spa du Nigéria.

« Où allons-nous avec nos sœurs africaines. Tout ça pour devenir métisse » écrit le profil Kalunga Bisimbi. Sa publication a récolté plus de 2000 impressions (745 commentaires, 483 likes et plus de 2600 partages lors de la publication de cet article).

Ou allons nous avec nos sœurs africaines tout ça pour devenir métisse 😭😭😭🙈😳🙆🏾

Posted by Kalunga Bisimbi on Tuesday, August 2, 2022

Des internautes y croient et d’autres spéculent sur le contexte de l’image filmée. « Ceci n’est pas vrai. Elle a plutôt une maladie de la peau au niveau du visage » commente un internaute.

Une séance de soins de visage au Nigéria

Sans recourir aux outils de recherche d’images inversées sur internet, Congo a tapé sur l
Google, les mots-clés visibles sur une serviette portée par la femme filmée. En tapant sur Google, Glow by Glamdaisy, Congo Check a retrouvé qu’il s’agit d’une clinique de beauté basée à Lagos, au Nigéria et spécialisée dans les soins de visage.

La vidéo publiée par Kalunga sur son compte Facebook a été postée sur le compte Instagram de Glow by Glamdaisy, le 27 juillet dernier.

Congo Check a ensuite entamé une conversation avec cette clinique en vue de savoir réellement ce qui se passait durant ce traitement et s’il contribue à éclaircir la peau. « Ce traitement ne se rapproche pas de la dépigmentation. Il s’agit d’un masque de carbone noir, qui a été appliqué sur le visage et retiré avec un laser indolore » renseigne la source, étonnée de la connotation attribuée à la vidéo par les internautes.

« Ce traitement du visage est appelé peeling laser au carbone » soutient Glow by Glamdaisy, appellant les internautes qui doutent du processus de ce traitement, à se renseigner sur internet.

Congo Check a également retrouvé plusieurs autres explications sur cette technique via des sites internet du domaine esthétique spécialisés dans les soins de visages.

Glow by Glamdaisy a envoyé plusieurs autres photos et vidéos qu’il réalise afin de montrer à ses clients les effets avant traitement et après les soins du visage pour des raisons marketing.

Avec les outils de géo-localisatio, Congo Check a pu confirmer que Glow by Glamdaisy exerce à l’adresse indiquée et a pu visiter ses installations grâce à l’application Street View.

Il était important pour Congo Check de remettre cette vidéo dans son contexte original, vu le problème de santé publique que représente la dépigmentation de la peau. Aussi, le caractère choquant que la vidéo a prise suite à la fausse légende attribuée par les internautes, porterait préjudice à plusieurs personnes en ligne et dans la vie réelle notamment celle dont le visage est visible sur la vidéo et la marque qui est indexée comme proposant ce service (pourtant spécialisé en soins de visages).

Previous articleNon, Jean-Marc Kabund n’a pas demandé à Joseph Kabila de retirer sa signature pour remettre la Présidence à Martin Fayulu
Next articleVrai, un aéronef d’Air Côte d’Ivoire a connu une tentative de saisie à l’aéroport de Maya Maya
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni. Journaliste basé dans la partie Orientale de la République Démocratique depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme au Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il poursuit un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) /Université Lumière Lyon (France). Son livre "Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République Démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here