Actuellement, la RDC fait face à sa 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, réapparue dans la province de l’Ituri. À la date du 17 mai 2026, la situation sanitaire générale fait état de plus de 400 cas suspects et d’environ 107 décès, enregistrés tant au sein des communautés que dans les structures de santé, principalement dans les zones de santé de Mongwalu, Rwampara et Bunia (Ituri). À ce stade, 5 cas ont été officiellement confirmés.
Parallèlement, un cas positif a été confirmé à Goma à la suite d’analyses menées au laboratoire. Il s’agit de l’épouse d’un homme décédé du virus Ebola à Bunia ; cette dernière a rallié la ville de Goma après le décès de son conjoint, alors qu’elle était déjà contaminée. Goma étant directement transfrontalière avec Gisenyi, une ville rwandaise, les autorités du Rwanda ont fermé la frontière par mesure de prévention, bloquant ainsi les entrées en provenance de Goma et n’autorisant que les sorties depuis Gisenyi.
Cependant, sur Facebook, le journaliste Mao Zagabe a relayé une information affirmant que le Rwanda a initié un confinement sur son territoire national à la suite de la détection de cas suspects. Attention, il s’agit d’une fausse information. Aucun cas suspect n’a été signalé au Rwanda, et aucune mesure de confinement n’a été instaurée.
« RDC – RWANDA : DEUX CAS SUSPECTS À VIRUS EBOLA SERAIENT DÉJÀ IDENTIFIÉS DANS LA COMMUNE DE #KARISIMBI EN VILLE DE GOMA AU NORD_KIVU . A GISENYI , AU RWANDA , DES MESURES SONT DÉJÀ PRISES DONT LE CONFINEMENT DE LA POPULATION APRÈS DÉCOUVERTES DE CAS SUSPECTS SELON NOS SOURCES. » informe-t-il
Le confinement n’a pas été déclaré au Rwanda suite aux prétendus cas suspects d’Ebola
Pour vérifier cette allégation, Congo Check s’est entretenu avec deux journalistes rwandais, qui ont immédiatement balayé d’un revers de main l’annonce d’un quelconque confinement au Rwanda.
Aimable Ndagije, journaliste local, a confirmé à Congo Check : « Fake news. Seulement, il y a eu fermeture de la frontière avec la RD Congo pour limiter toute éventuelle propagation. »
Ernest Nsanzimana, journaliste pour le célèbre média rwandais Igihe, a ajouté dans le même sens :
« Fausse information. Aucun cas suspect d’Ebola au Rwanda ni confinement. »
Poursuivant ses recherches, Congo Check a procédé au monitoring du compte X (anciennement Twitter) du ministère rwandais de la Santé afin de vérifier si une annonce officielle de confinement ou de détection de cas suspects avait été publiée. Les résultats de cette veille numérique démontrent qu’aucune communication allant dans ce sens n’a été partagée par les autorités sanitaires rwandaises.
De plus, des membres de l’équipe de Congo Check résidant actuellement au Rwanda ont certifié sur place qu’aucune mesure de confinement n’est en vigueur. À Gisenyi, la population circule librement et les rassemblements de masse s’observent normalement. À ce jour, la seule restriction réelle imposée par les autorités rwandaises reste la fermeture de la Petite et de la Grande Barrière, une décision stratégique visant à éviter une éventuelle contamination transfrontalière après l’enregistrement du premier cas confirmé à Goma.
Les conséquences de la propagation de cette fausse information
En cette période de crise sanitaire liée à la maladie à virus Ebola, propager des rumeurs infondées peut avoir de graves répercussions :
Psychose et panique générale : L’évocation d’un « confinement » réveille les traumatismes liés aux précédentes crises sanitaires (comme la Covid-19), créant une anxiété inutile au sein des populations de Goma et de Gisenyi.
Perturbation économique et pénuries : Une telle fausse information peut pousser les habitants à se ruer vers les marchés pour stocker des provisions, provoquant une hausse artificielle des prix et des tensions économiques locales.
Pour obtenir une information fiable et vous protéger, référez-vous systématiquement aux canaux officiels et aux sources sanitaires agréées.
Après vérification des faits, aucun confinement lié à de prétendus cas d’Ebola n’a été annoncé ou appliqué au Rwanda. Les mouvements de population y sont libres, à l’exception des restrictions préventives appliquées aux postes frontaliers avec Goma. L’information partagée est fausse.


