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Fausse alerte d’un cas confirmé d’Ebola à Kinshasa: quand le manque de coordination communicationnelle sème une panique sanitaire internationale

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L’Organisation Mondiale de la Santé, OMS a déclaré la dix-septième épidémie de la maladie à virus Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri avec des cas confirmés à Goma et en Ouganda, Urgence de santé publique internationale.

« Conformément au paragraphe 2 de l’article 12 – Détermination d’une urgence de santé publique de portée internationale, y compris une urgence pandémique du Règlement sanitaire international (2005) (RSI), le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), après avoir consulté les États parties où l’événement est connu, détermine par la présente que la maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo en République démocratique du Congo et en Ouganda constitue une santé publique urgence de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’urgence pandémique définis dans le RSI » écrit l’annonce de l’OMS à lire via ce lien.

Pour déclarer cette situation de crise l’OMS a indiqué s’être basée sur deux critères, notamment la propagation de la maladie au-delà de son épicentre à l’intérieur du pays (avec une notification des cas confirmés à Kinshasa) et à l’extérieur des frontières congolaises (avec des cas confirmés répertoriés à Kampala, capitale congolaise).

Si le cas de Kinshasa s’est révélé négatif, par contre ceux recensés en Ouganda sont positifs et ont un lien avec l’épisode en cours en République démocratique du Congo lit-on dans le même document.

“Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé de l’Ouganda a confirmé une épidémie de MVB suite à l’identification d’un cas importé de la RDC. Le cas concerne un homme âgé admis dans un hôpital privé le 11 mai avec de graves symptômes et décédé le 14 mai. Le transfert post-mortem du corps à la RDC a été achevé le même jour. Un échantillon clinique prélevé lors de l’admission du cas le 11 mai a été analysé au Laboratoire central de surveillance et de soutien à la réponse d’urgence de Wandegeya, et a été confirmé comme étant la souche Bundibugyo le 15 mai 2026. Un second cas importé a été confirmé le 16 mai à Kampala, chez un individu revenant de RDC sans lien apparent avec le premier cas. Au moment du rapport, aucune transmission locale n’a été identifiée en Ouganda.”

Cacophonie autour du cas suspect de Kinshasa : entre confirmation, démenti et rétropédalage

Alors que le cas suspect de Kinshasa s’est révélé négatif, la fausse alerte de l’OMS a été largement reprise par les médias et toutes les institutions internationales, les informations provenant de cette organisation étant une référence en matière sanitaire. Pour faire taire la rumeur, les autorités congolaises, à travers l’Institut national de santé publique, ont indiqué qu’aucun cas confirmé d’Ebola n’était encore enregistré à Kinshasa.

“Contrairement aux rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux, aucun cas confirmé de la maladie à virus Ebola n’a été enregistré à Kinshasa à ce jour. Le ministère de la santé publique, hygiène et prévoyance sociale, à travers son organe technique qui est l’institut national de santé publique (INSP), via le COUSP, reste l’unique source officielle pour toute information liée aux urgences sanitaires en RDC”, indique un communiqué de cette institution publique qui invite la population à ne pas relayer les fausses informations.

“Référez-vous uniquement aux communications officielles. Restons vigilants et responsables pour protéger nos communautés”, sensibilise l’INSP.

Dans la journée du dimanche 17 mai, l’Organisation Mondiale de la Santé a actualisé son précédent communiqué, précisant que le test sur les échantillons du voyageur en provenance de l’Ituri se sont révélés négatifs après les examens médicaux à l’institut national de recherche biomédicale, INRB.

“Un autre cas signalé le 16 mai, une personne revenant d’Ituri à Kinshasa a été testée négative au virus Bundibugyo lors d’un test confirmatoire par l’Institut National de la Recherche Biomédicale (INRB) de la RDC, et n’est donc pas considérée comme un cas confirmé”, note un communiqué de l’OMS.

“Nous avons été surpris par l’annonce de l’OMS, affirmant que ce cas s’était révélé positif. Heureusement, ils viennent de rectifier la fausse alerte”, a dit à Congo Check le professeur Placide Mbala, chef du département d’épidémiologie de l’INRB.

Face à une intervention multisectorielle, Congo Check recommande prudence et croisement de toutes les sources

Leader de la lutte contre l’infodémie depuis 2018 et face à cette confusion et la panique sanitaire qui a régné sur le plan international, Congo Check recommande la prudence dans le traitement d’informations en lien avec l’épidémie en cours. Avec une riposte composée d’acteurs internationaux (OMS, Centre africain de contrôle et de prévention des maladies -CDC Afrique-, organisations humanitaires non gouvernementales), qui ont d’ailleurs annoncé l’épidémie avant le ministère congolais de la santé. Au niveau national, la riposte bien que coordonnée par le ministère de la santé reste une intervention avec plusieurs entités à savoir l’institut national de recherche biomédicale (INRB) pour les tests de laboratoire au niveau national pendant que d’autres laboratoires provinciaux se chargent des prélèvements locaux et des tests rapides, qui n’ont pas les mêmes résultats que ceux de l’INRB à en croire les rapports de l’OMS consultés par Congo Check.

“Les premiers tests de 20 échantillons collectés dans la zone de santé de Rwampara et analysés au Laboratoire provincial de santé publique de Bunia avec du Xpert standard Ebola se sont révélés négatifs pour le virus Ebola. Des échantillons ont été envoyés à l’INRB pour une analyse complémentaire, dont huit échantillons analysés ont été confirmés comme étant Orthoebolavirus par réaction en chaîne par polymérase (PCR) le 15 mai. Le séquençage génomique a confirmé que l’espèce virale était le virus Bundibugyo (BDBV).”

À son tour, l’institut national de santé publique (INSP) est impliqué dans la coordination de la réponse sanitaire via son COUSP (Centre des Opérations d’Urgences de Santé Publique) pendant le laboratoire de la fondation Merieux de l’INRB à Goma, zone sous contrôle de la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC-M23) mène des tests sur les prélèvements locaux.

La détection du cas négatif à Kinshasa, un impact positif de l’engagement communautaire

En recherchant les informations sur le cas testé négatif à Kinshasa, Congo Check a constaté l’impact de la sensibilisation et l’appropriation des gestes barrières par les membres de la communauté. En effet, les informations obtenues par Congo Check auprès des autorités sanitaires congolaises attestent que la personne ayant séjournée à Bunia s’est volontairement rendue auprès de la riposte pour signaler son statut, après avoir été alerté par la déclaration des cas positifs dans la ville de Bunia.

“Pour le cas de Kinshasa, c’est nous qui l’avons testé car c’est nous qui avons reçu le cas avec le COUSP. Nous avons isolé le cas aux cliniques de Kinshasa et avions prélevé les échantillons, qui se sont révélés négatifs. Le cas est venu de lui-même vers la riposte en indiquant qu’il était en séjour à Bunia et qu’il venait de suivre les informations sur la déclaration officielle d’Ebola à Bunia. Comme durant son séjour dans cette ville, il avait rendu visite à un membre de sa famille malade, il voulait savoir comment procéder pour se protéger et les siens. Nous lui avons proposé un isolement et un prélèvement. C’était le vendredi dernier. Puis le samedi, les résultats de son test se sont révélés négatifs et nous avions communiqué ces informations aux autorités sanitaires de notre pays”, raconte le professeur Placide Mbala, directeur au centre de recherche clinique et chef du département d’épidémiologie et de santé mondiale à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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