HomeActualitésNon, l’IA utilisée pour corriger l’Exétat n’est pas ChatGPT

Non, l’IA utilisée pour corriger l’Exétat n’est pas ChatGPT

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La publication rapide des résultats de l’Examen d’État, équivalent du baccalauréat en République démocratique du Congo, a suscité une vive polémique au sein de l’opinion alors que l’usage d’un logiciel d’intelligence artificiel a permis de procéder à la correction de premiers items quelques heures après la fin des épreuves. Sur Internet, des internautes ont prétendu que la correction a été faite à l’aide du chatbot ChatGPT, alimentant ainsi des rumeurs sur la non-conformité de ces résultats. Pourtant, le logiciel utilisé n’a rien à voir avec ce chatbot.

Sur Facebook, X et même dans des groupes WhatsApp, les rumeurs sont allées dans tous les sens, allant jusqu’à évoquer des « résultats fabriqués ». Congo Check a pu retracer le logiciel utilisé, géré avec l’aide des experts privés. Selon le cabinet du ministère de l’Éducation nationale que nous avons contacté, le logiciel utilisé est plutôt S-Note manager. Tracy Ntumba, chargé des partenaires au cabinet de la ministre Raissa Malu, a expliqué que ce logiciel a permis de rendre fluide le processus de correction avec plus ou moins 100 copies par minute.

Quid de S-note manager

Le logiciel utilisé pour la correction de l’examen d’État cette année intègre effectivement l’intelligence artificielle. Il a été conçu avec l’aide d’un prestataire que nous avons pu approcher mais qui a refusé d’être cité pour raison de sécurité. S-note manager est « un dispositif basé sur l’intelligence artificielle conçu pour la correction automatisée des copies de l’Examen d’État ». Ce logiciel est supervisé par l’équipe de l’Inspection générale « afin de garantir une complémentarité entre l’efficacité de l’automatisation et la vigilance indispensable des inspecteurs humains ».

Selon ces concepteurs, S-note manager offre « un gain significatif en termes de temps » mais aussi une « fiabilité accrue des résultats pour les élèves ». Ils ont notamment évoqué la récupération des erreurs de remplissage de la grille d’identification, très fréquentes lors de l’Examen d’État.

Par ailleurs, la ministre a annoncé la création de deux nouveaux centres spécialisés dans le traitement numérique des examens : l’un à Mbuji-Mayi (Kasaï-Oriental 1), l’autre à Lubumbashi (Haut-Katanga 1). Chaque centre dispose désormais de cinq espaces distincts et spécialisés : une salle dédiée à la préparation, une salle de numérisation des documents, un espace réservé aux serveurs informatiques, une salle de contrôle qualité, ainsi qu’une zone de surveillance permanente. « Ces installations nous permettent désormais de réduire de 30 à 40 % le délai habituel pour publier les résultats », a-t-elle précisé.

Ce système n’a rien à voir avec ChatGPT qui n’est que l’une des branches de l’intelligence artificielle. ChatGPT est plutôt un agent conversationnel. Développé par OpenAI, ChatGPT utilise l’intelligence artificielle, tout comme S-Note manager, mais dans le but de simuler une conversation humaine, répondant à une grande variété de questions, générant du texte, et même aidant à la programmation. Le sigle GPT (Generative Pre-trained Transformer) évoque son appartenant à la branche des IA génératives.

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