Depuis le 18 avril, use publication virale sur Facebook affirme que la RDC, sous l’impulsion du Président Félix Tshisekedi, s’est dotée d’usines de fabrication d’armes lourdes, de missiles balistiques et nucléaires à Likasi, dans le Haut-Katanga. Attention, cette information est fausse. Si l’usine AFRIDEX existe bel et bien, ses capacités et sa mission sont très loin de la production d’engins nucléaires.
L’information a initialement été relayée par la page dénommée « KaluravAaron ». Le message, rédigé sur un ton triomphaliste, affirme que la RDC dispose désormais d’usines de missiles balistiques similaires à ceux des USA et de la Russie et annonce même l’arrivée imminentmissiles nucléaires.
Cette publication, vantant faussement le bilan sécuritaire du Chef de l’État Félix Tshisekedi, a été largement partagée dans de nombreux groupes de soutien politique et sur plusieurs pages d’actualité sur Facebook, créant une confusion au sein de l’opinion publique.
« RDC : les rebelles sont avertis : Sous l’impulsion du Chef de l’Etat Félix Antoine Tshisekedi notre pays dispose désormais des usines et industries de fabrication des armes, engins explosifs et missiles balistiques très puissants similaires à ceux des USA et de la Russie en province du Haut Katanga précisément dans la ville de Likasi, bientôt les missiles nucléaires Plus question de recourir ailleurs pour avoir du matériel de guerre. Les rebelles sont prévenus. lit-on cette publication.
AFRIDEX : une usine d’explosifs, pas de missiles nucléaires
L’usine mentionnée dans ces publications est l’AFRIDEX (Africaine d’Explosifs). Située à Likasi, cette entreprise publique ne date pas d’aujourd’hui. Ell a été créée par décret présidentiel en 1948 (sous l’époque coloniale sous le nom de GEAD), elle est devenue AFRIDEX par la suite. Elle est restée longtemps en léthargie avant que des efforts de relance ne soient entrepris par les gouvernements successifs.
AFRIDEX est spécialisée dans la production d’explosifs à usage civil (principalement pour le secteur minier et les carrières) et la fabrication de munitions de petit calibre(cartouches pour fusils d’assaut).
Dans le cadre de la restructuration de l’outil de défense, la RDC a conclu des partenariats techniques, notamment avec des firmes chinoises, pour moderniser les lignes de production de cartouches et d’explosifs militaires de base afin de réduire la dépendance aux importations pour les besoins des FARDC.
En aucun cas cette usine ne fabrique de missiles balistiques, encore moins de missiles nucléaires. La fabrication de telles armes nécessite des infrastructures de haute technologie (centres de propulsion thermique, systèmes de guidage spatial) que la RDC ne possède pas. De plus, la RDC est signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), interdisant toute production de ce type.
Le contexte africain
Contrairement aux affirmations de la publication virale, aucun pays d’Afrique ne dispose actuellement de missiles nucléaires. L’Afrique du Sud est le seul pays du continent à avoir possédé un programme nucléaire militaire, mais il a été démantelé volontairement au début des années 1990.
Concernant l’industrie de l’armement conventionnel, plusieurs voisins de la RDC disposent d’unités de production :
Le Rwanda : Dispose d’unités de production de munitions légères et de grenades, avec des velléités de modernisation.
L’Égypte et l’Afrique du Sud : sont les leaders du continent, fabriquant des blindés, des systèmes d’artillerie et des drones.
L’Éthiopie et le Soudan : Ont également des industries militaires capables de produire des munitions et des véhicules militaires.
Cependant, même ces puissances continentales ne produisent pas de missiles balistiques intercontinentaux comparables à ceux des grandes puissances mondiales.
En conclusion, si la relance de l’outil industriel militaire à travers AFRIDEX est une réalité factuelle, l’attribution de prouesses technologiques telles que la fabrication de missiles nucléaires ou balistiques à Félix Tshisekedi est totalement infondée.


