Un document présenté comme un « communiqué officiel » du ministère de l’Emploi et Travail de la République démocratique du Congo circule depuis le 12 avril sur les réseaux sociaux. Le texte affirme que les élèves garçons seraient désormais autorisés à porter librement leurs cheveux dans les établissements scolaires, sur instruction du Président Félix Antoine Tshisekedi. Face à la viralité de cette publication, Congo Check a entrepris une démarche de vérification basée sur l’analyse du document, la confrontation avec des sources officielles et le recoupement des informations disponibles. Conclusion, le document n’est pas authentique.
La première étape de cette vérification a consisté à examiner les éléments internes du document. Une incohérence majeure apparaît dans la numérotation. En effet, le communiqué est référencé comme n°015 et daté du 12 avril 2026. Or, après consultation des publications officielles, un communiqué n°016 a été signé le 2 avril 2026, soit dix jours plus tôt. Dans une logique administrative, les numéros de communiqués suivent un ordre chronologique croissant. Cette contradiction constitue donc un premier indice fort de falsification.
Nous avons ensuite analysé la cohérence institutionnelle du contenu. Le document est attribué au ministère de l’Emploi et Travail, alors que la question de la réglementation scolaire relève du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST). Cette inadéquation entre le sujet traité et les compétences du ministère signataire renforce les doutes sur l’authenticité du document.
Par ailleurs, une comparaison avec les communiqués authentiques publiés sur les canaux officiels du ministère de l’Emploi et Travail met en évidence des différences notables dans la mise en page, la structuration et le style rédactionnel. Ces écarts, bien que parfois subtils, constituent des indicateurs classiques dans l’identification de documents falsifiés.
Pour confirmer ou infirmer ces indices, Congo Check a approché le cabinet du ministre de l’Emploi. La cellule de communication a rappelé que « cette question n’est pas dans les prérogatives du ministre de l’Emploi et relève plutôt du secteur de l’Éducation ».
Du côté du ministère de l’Éducation, aucune communication relative à ce sujet n’a été trouvée dans les plateformes numériques. Les démarches tendant à obtenir un commentaire du cabinet n’ont pas abouti.


