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Non, il n’existe pas de prix officiel d’un Okapi et l’animal est interdit de vente mondialement

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Dans une publication Facebook partagée par la page République du Zaïre [suivie par plus de 388 mille abonnés], il est mentionné le prix de l’Okapi, une espèce animale endémique de la République démocratique du Congo. Le post devenu viral encourage la chasse voire le braconnage de ce rare mammifère, pourtant interdit mondialement vente pour sa menace d’extinction.

“Dévoilons cet animal originaire de chez nous dont le prix varie entre 750 000 et 1 million de dollars svp. Le ndeko [ndlr=frère] qui a plus de connaissances sur cette magnifique créature est invité à partager ses connaissances avec nous” lit-on sur cette publication partagée par 43 followers.

L’Okapi est une espèce totalement protégée et interdite de commercialisation

Pour débusquer cette information nuisible et éronnee, Congo Check s’est entretenu avec Emmanuel Balemba Balagizi, conservateur en chef et chef de site adjoint de la Réserve de Faune à Okapi, basée à Epulu dans la province de l’Ituri, qui s’est dit indigné par cette publication. 

Ce dernier a rappelé les efforts mondialement consentis pour préserver cet animal d’extinction. Il a partagé avec Congo Check et a recommandé au public de lire attentivement les dispositions internationales relatives à la protection et à l’interdiction du commerce de l’Okapi ou de ses produits dérivés adoptées le 5 décembre dernier en Ouzbékistan.

“L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), en partenariat avec la Wildlife Conservation Society (WCS), salue la décision prise aujourd’hui par les parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) d’inscrire l’okapi (Okapia johnstoni) en voie de disparition à l’Annexe I. Ce niveau de protection internationale le plus élevé interdira tout commerce international d’okapis ou de leurs parties, ainsi que de sous-produits. L’espèce est déjà entièrement protégée en tant qu’espèce endémique en vertu de la législation nationale en République démocratique du Congo (RDC), le seul pays où elle se trouve” lit-on dans un communiqué de presse publié à cette occasion.

Emmanuel Balemba Balagizi a également partagé avec Congo Check, les dispositions internationales du CITES concernant exclusivement la protection et l’interdiction du commerce de l’Okapi que vous pouvez découvrir en explorant ce document de 12 pages.

Une publication nuisible et incitant à l’extinction d’une espèce déjà menacée

Réagissant aux questions de Congo Check, Adams Cassinga, fondateur de l’organisation Conserv Congo et activiste de lutte contre crimes environnementaux se dit sidéré de lire ce genre de publications incitant au braconnage d’espèces vulnérables.

“Ce type de publication, en mettant en avant le prix très élevé d’un animal originaire de la RDC, peut involontairement encourager le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, en transformant une espèce en objet de convoitise plutôt qu’en patrimoine naturel à protéger. Elle risque de mettre davantage en danger des espèces déjà vulnérables, de fragiliser les efforts nationaux et internationaux de conservation (notamment dans le cadre de la CITES) et de nuire à l’image de la RDC auprès des partenaires et bailleurs, tout en pouvant inciter certaines communautés locales à s’engager dans des activités illégales attirées par des gains supposés élevés”.

L’okapi – le seul parent vivant de la girafe – habite les forêts du nord-est de la RDC. Son statut de pays menacé sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), combiné aux pressions croissantes exercées par le braconnage et la dégradation de l’habitat, souligne l’urgence de renforcer les protections internationales. L’inscription à l’annexe I contribuera à combler les lacunes en matière d’application de la loi, à renforcer la surveillance du commerce transfrontalier et à soutenir les mesures nationales de conservation.

Selon la Société de conservation de la faune, WCS – qui combine la puissance de ses zoos et d’un aquarium à New York et un programme mondial de conservation dans plus de 50 pays pour réaliser sa mission de sauver la faune et la faune en protégeant plus de 50% de la biodiversité connue de la Terre ; en partenariat avec les gouvernements, les populations autochtones, les communautés locales et le secteur privé- l’okapi [le seul parent vivant de la girafe] habite les forêts du nord-est de la RDC. Son statut de pays menacé sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), combiné aux pressions croissantes exercées par le braconnage et la dégradation de l’habitat, souligne l’urgence de renforcer les protections internationales. L’inscription à l’annexe I contribuera à combler les lacunes en matière d’application de la loi, à renforcer la surveillance du commerce transfrontalier et à soutenir les mesures nationales de conservation.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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