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Non, Didier Budimbu n’a pas été condamné à dédommager Péro Luwara mais uniquement à payer les frais d’instance

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Depuis quelques semaines, une affirmation selon laquelle Didier Budimbu aurait été condamné en Belgique à verser 350.000 euros de dommages et intérêts au journaliste Claude Péro Luwara circule largement sur les réseaux sociaux, notamment via Facebook et certains relais militants. Pourtant, une vérification approfondie des sources crédibles et des comptes rendus judiciaires disponibles montre que cette information est fausse ou gravement déformée.

Les éléments factuels issus de médias ayant traité directement la décision de justice belge indiquent clairement que le tribunal de première instance du Brabant wallon, siégeant à Nivelles, a acquitté le journaliste de toutes les charges retenues contre lui, notamment la diffamation, les injures et la divulgation méchante. La juridiction a estimé que les faits ne permettaient pas de caractériser une infraction pénale et a relevé l’absence d’intention malveillante dans le travail journalistique de Péro Luwara . Dans le même jugement, le ministre congolais a effectivement été désavoué, mais la décision s’est limitée à le condamner à supporter les frais de justice, sans mention de dommages et intérêts d’un montant élevé. (voir ici, ici et ).

D’autres sources concordantes confirment cette lecture. Un compte rendu détaillé indique que la justice belge, précisément la Chambre du Conseil du Tribunal de Première Instance du Brabant wallon, a « débouté » Didier Budimbu dans sa plainte, ce qui signifie que ses accusations n’ont pas été retenues et que la procédure n’a pas abouti à une condamnation du journaliste . Cette cohérence entre plusieurs médias renforce la crédibilité de la version selon laquelle il s’agit d’un revers judiciaire pour le plaignant, mais sans condamnation financière exceptionnelle.

À l’inverse, l’information évoquant un paiement de 350.000 euros provient exclusivement de publications sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, sans aucune reprise par des médias reconnus ni par des sources judiciaires identifiables. Contacté à ce sujet, le journaliste a évoqué une « fakenews ». Du côté de l’entourage du ministre, l’on s’est dit étonné de cette rumeur. « C’est lui le plaignant et c’est lui qu’on veut condamner à payer des dommages et intérêts, il s’agit d’une invention de Kigali », a répondu la cellule de communication du ministre Budimbu.

Pour estimer la hauteur des frais que le ministre devrait payer, Congo Check a également consulté le barème officiel des indemnités des procédures judiciaires en Belgique. En droit belge, les frais d’instance sont strictement encadrés et ne peuvent en aucun cas atteindre des montants arbitraires comme 350.000€. Selon les juridictions belges, cette indemnité est une intervention forfaitaire dans les honoraires d’avocat de la partie gagnante, avec des montants fixés par arrêté royal et régulièrement indexés. Par exemple, pour un litige non évaluable en argent, comme c’est généralement le cas en matière de diffamation, l’indemnité de base tourne autour de 1.883 €, avec un maximum légal d’environ 15.697€. Cela signifie concrètement que même dans les cas les plus élevés, les frais de justice restent dans une fourchette de quelques milliers à, au maximum, une quinzaine de milliers d’euros, rendant totalement irréaliste et juridiquement impossible l’affirmation d’une condamnation à 350.000 € dans ce type d’affaire.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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