Depuis quelques jours, des publications, parfois satiriques, relayées sur les réseaux sociaux prétendent que la République démocratique du Congo (RDC) aurait exigé un cessez‑le‑feu immédiat entre les États‑Unis et l’Iran, en brandissant d’éventuelles mesures diplomatiques. Une affirmation qui ne correspond pas à la communication officielle de Kinshasa.
« Urgent : La RDC exige un cessez-le-feu immédiat entre les États‑Unis et l’Iran et prévient qu’elle pourrait envisager des mesures diplomatiques appropriées », lit-on sur certaines de ces publications.
Si Kinshasa a effectivement publié un communiqué concernant l’escalade militaire au Moyen‑Orient, via le ministère des Affaires étrangères, elle n’a nullement utilisé un ton d’exigence. Le gouvernement congolais congolais a exprimé sa « vive préoccupation face à la dégradation de la situation sécuritaire dans cette région du monde », marquée par une multiplication des frappes et des ripostes entre différents acteurs étatiques de premier plan, sans nommer spécifiquement les protagonistes et préférant la formule « plusieurs acteurs étatiques de premier plan ».
#COMMUNIQUEDEPRESSE @Presidence_RDC @PrimatureRDC @Com_mediasRDC pic.twitter.com/iIsLE8Atrt
— RDC • Affaires Etrangères 🇨🇩 (@RDC_Minafet) February 28, 2026
Dans ce texte, Kinshasa a souligné la nécessité d’éviter toute aggravation du conflit et a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue, à réaffirmer « l’attachement au respect strict du droit international, y compris du droit international humanitaire », et à privilégier « le recours prioritaire aux mécanismes diplomatiques et multilatéraux en vue d’une désescalade et d’un règlement durable du conflit ».
« Cette communication ne comporte aucune exigence explicite adressée aux États‑Unis et à l’Iran pour qu’ils cessent leurs hostilités, ni aucune menace de sanctions ou de mesures diplomatiques spécifiques contre ces pays en particulier », a commenté le journaliste et analyste Guy Batshika.
Par le passe, la diplomatie congolaise a déjà adopté des prises de position comparables, appelant à la décence, au respect de la souveraineté et à la paix dans le contexte de tensions internationales. En juin 2025, la RDC avait ainsi condamné des frappes iraniennes sur une base américaine au Qatar et appelé à une désescalade et au dialogue diplomatique, sans toutefois exiger un cessez‑le‑feu forcé entre les belligérants.
La transformation de cet appel général à la retenue en une prétendue « exigence de cessez‑le‑feu entre les États‑Unis et l’Iran » contraste avec la position officielle de Kinshasa. Dans le contexte géopolitique, il est utile de rappeler que la RDC entretient des relations diplomatiques étroites avec les États‑Unis, matérialisées notamment par un partenariat stratégique historique signé en décembre 2025, portant sur la paix, la coopération économique, la sécurité des minerais et la stabilisation des zones de conflit. Ce partenariat place Washington comme un acteur clé dans le soutien à la paix en Afrique centrale, ce qui rend particulièrement improbable une annonce publique congolaise hostile ou directive vis‑à‑vis des États‑Unis dans un contexte de conflit extérieur.


