Des publications relayĂ©es sur Facebook affirment que Tony Mwaba Kazadi aurait proposĂ© lâorganisation dâun rĂ©fĂ©rendum en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Selon ces messages, le dĂ©putĂ© national serait Ă lâorigine dâune initiative visant Ă organiser directement une consultation populaire dans le pays, ravivant les dĂ©bats autour dâun changement de constitution. Mais aprĂšs vĂ©rification, ces affirmations dĂ©forment la rĂ©alitĂ©.
« Les choses sâaccĂ©lĂšrent du cĂŽtĂ© de lâUDPS dans le dĂ©bat relatif Ă la rĂ©forme constitutionnelle en RDC. Lâancien ministre de lâEnseignement primaire, secondaire et technique (EPST), le trĂšs pertinent et respectable professeur et avocat MaĂźtre Tony Mwaba Kazadi , a officiellement dĂ©posĂ©, auprĂšs de lâAssemblĂ©e nationale, une proposition de loi portant sur lâorganisation du rĂ©fĂ©rendum », lit-on sur ces publications.
Pour vĂ©rifier cette affirmation, Congo Check a approchĂ© lâintĂ©ressĂ© mais aussi les services de lâAssemblĂ©e nationale. Les recoupements de ces deux sources ont permis dâĂ©tablir quâen rĂ©alitĂ©, Tony Mwaba Kazadi nâa pas appelĂ© Ă la tenue immĂ©diate dâun rĂ©fĂ©rendum. Le 19 mars 2026, lâĂ©lu a plutĂŽt dĂ©posĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale une proposition de loi organique relative Ă lâorganisation du rĂ©fĂ©rendum. Selon lui, lâobjectif de ce texte est de dĂ©finir les modalitĂ©s pratiques permettant dâorganiser une telle consultation en RDC, notamment les procĂ©dures dâinitiative, dâorganisation et de contrĂŽle.
« Cette proposition va au-delĂ des dĂ©bats actuels sur la rĂ©vision de la Constitution. Elle soulĂšve une question fondamentale concernant un vide juridique crucial relatif Ă lâorganisation des rĂ©fĂ©rendums en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo. Cette lacune empĂȘche le peuple congolais dâexercer pleinement sa souverainetĂ© », a-t-il rĂ©cadrĂ©.
Juriste, Tony Mwaba explique Ă©galement que cette dĂ©marche sâinscrit dans un cadre constitutionnel prĂ©cis, notamment la Constitution qui prĂ©voit dĂ©jĂ la possibilitĂ© de recourir au rĂ©fĂ©rendum pour certaines dĂ©cisions importantes. Toutefois, plusieurs aspects techniques liĂ©s Ă lâorganisation de ce mĂ©canisme nâĂ©taient pas dĂ©taillĂ©s dans une loi spĂ©cifique. La proposition de Tony Mwaba vise donc Ă combler ce vide juridique en Ă©tablissant les rĂšgles nĂ©cessaires Ă la mise en Ćuvre dâun rĂ©fĂ©rendum si les institutions venaient Ă y recourir.
« Non. Il ne sâagit pas de convoquer le peuple aux urnes pour un rĂ©fĂ©rendum mais plutĂŽt dâen dĂ©finir les rĂšgles pour le futur », a expliquĂ© le bureau du rapporteur de lâAssemblĂ©e nationale.
La nuance est importante. DĂ©poser une proposition de loi pour encadrer un mĂ©canisme institutionnel ne signifie pas demander ou planifier immĂ©diatement lâorganisation dâun rĂ©fĂ©rendum. Toute proposition de loi doit dâabord ĂȘtre examinĂ©e par les commissions parlementaires, dĂ©battue puis Ă©ventuellement adoptĂ©e par le Parlement avant dâentrer en vigueur.
La diffusion de cette affirmation intervient dans un contexte politique sensible, marquĂ© par des dĂ©bats sur lâavenir des institutions et sur une Ă©ventuelle rĂ©vision constitutionnelle en RDC. Dans ce climat, certaines initiatives parlementaires peuvent ĂȘtre rapidement interprĂ©tĂ©es ou prĂ©sentĂ©es comme des dĂ©cisions politiques dĂ©jĂ actĂ©es, ce qui favorise la propagation de messages trompeurs sur les rĂ©seaux sociaux.


