Avec l’annonce du départ du groupe Heineken de la RDC avec les cessions de ses parts dans Bralima, une des deux grandes brasseries du pays, des publications devenues virales sur les réseaux sociaux ont affirmé que cette vente des parts marque la fin de production locale de la bière Heineken, une des plus consommées au pays. Pourtant, cette affirmation est partiellement fausse.
« Mauvaise nouvelle pour les consommateurs de la bière Heineken. Le groupe néerlandais Heineken a fermé ses activités définitivement en RDC », lit-on sur une publication quand une autre évoque « la fin d’une ère ».
Si le groupe s’est officiellement désengagé de la gestion industrielle de la Bralima, un accord stratégique garantit le maintien de la production et de la commercialisation de ses bières sur l’ensemble du territoire congolais. « HEINEKEN conservera la propriété de ses marques mondiales et régionales et restera présente en RDC grâce à des accords de licence de marques à long terme. Ces accords garantiront la poursuite de la production, de la commercialisation et de la distribution des marques HEINEKEN sur le marché, notamment Heineken®, Primus®, Turbo King®, Legend® et Mützig®, qui demeurent des marques phares du marché brassicole congolais », a expliqué le groupe néerlandais.
« Aucune bière ne va disparaître pour le moment, ni Heineken, ni une autre marque », a répondu, de son côté, le service de communication de Bralima, précisant que « plusieurs nouveautés sont prévues ».
L’annonce officielle du retrait de l’actionnariat du groupe Heineken dans Bralima a été confirmée le 10 avril 2026. L’entreprise est désormais détenue par Elna Holdings, une entité enregistrée à l’île Maurice. Cette transaction englobe les infrastructures de production de Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi, ainsi que la reprise du contrat de travail des 731 salariés du groupe. Ce mouvement marque la fin de quarante ans de contrôle direct par la firme néerlandaise, mais ne signifie pas pour autant un retrait du marché de consommation.
Selon le goupe, ce désinvestissement s’explique par la stratégie globale « EverGreen 2030 » de la multinationale, visant à privilégier un modèle de licence plutôt que de propriété directe dans certains marchés complexes. Le contexte sécuritaire persistant dans l’Est du pays a également pesé dans la balance, comme en témoigne la cession préalable de l’usine de Bukavu fin 2025.
Pour le consommateur congolais, l’impact reste nul au comptoir. L’accord passé entre Heineken et Elna Holdings stipule explicitement que le nouveau propriétaire continuera de brasser et de distribuer, sous licence stricte, les marques emblématiques du portefeuille néerlandais. Les marques Heineken, Primus, Mützig, Turbo King et Legend resteront donc disponibles dans les points de vente habituels, produites selon les mêmes standards de qualité imposés par le concédant.


