Une vidéo massivement relayée sur les réseaux sociaux prétend montrer deux hommes «coincés» après un rapport intime dans une chambre d’hôtel à Bandalungwa, à Kinshasa. Sur Facebook, le récit a été amplifié par un ton sensationnaliste et des détails choquants, suscitant un tollé des internautes. Certaines publications ont même évoqué une intervention de la police. Pourtant, après vérification, cette information ne repose sur aucun fait réel, la vidéo étant un contenu créé par des humoriste nigérians et n’a aucun lien avec la RDC.
L’analyse visuelle de la vidéo par les équipes de Congo Check a permis d’identifier le filigrane « Custodianmej ». Une recherche avec ce nom a conduit vers un compte d’un créateur des contenus nigérians, dont les productions circulent largement sur les réseaux sociaux africains. Sur Facebook, il a posté cette séquence le 16 avril dans la soirée alors qu’elle a commencé à circuler le lendemain dans des comptes congolais.
Depuis quelques mois, Custodian Mej s’est imposé comme une figure de la création numérique axée sur le divertissement. Actif sur plusieurs plateformes, il produit des vidéos courtes qui mêlent satire sociale, humour visuel et scénarios volontairement outranciers. Ses contenus exploitent souvent des situations improbables ou choquantes dans le but de susciter le rire et l’engagement du public. Ce style, très populaire en ligne, rend cependant ses vidéos particulièrement vulnérables à des détournements, dès lors qu’elles sont extraites de leur contexte initial.
Ce n’est pas la première fois qu’il met en scène un « Pénis captivus ». Sur son compte Tiktok, plusieurs vidéos montrant le même phénomène ont été trouvées (1, 2, 3, 4…). Présenté comme un sort mystique, le pénis captivus est un « accident sexuel extrêmement rare ». Le pénis de l’homme en érection reste coincé dans le vagin de la partenaire, avec une douloureuse impossibilité de se retirer. Les scientifiques justifient ce phénomène par les contractions des muscles vaginaux et pelviens qui « se transformeraient soudainement en spasmes, au point d’emprisonner le pénis et de provoquer son gonflement excessif ».
Pas d’incidents du genre à Kinshasa
Contacté, le bourgmestre de Bandalungwa, Adolphe Ndofula, a rejeté ces allégations, affirmant qu’aucun incident de ce genre n’a été enregistré dans sa juridiction. Congo Check a également contacté Custodian Mej via la messagerie instantanée WhatsApp pour avoir le contexte de la vidéo. « La scène a été filmée au Nigéria », a-t-il répondu, refusant cependant de préciser le contexte.
Sur Internet, transformer un contenu de divertissement en fausse information est l’un des mécanismes les plus répandus de désinformation. En l’absence de vérification, ces contenus circulent rapidement et contribuent à alimenter des perceptions erronées, voire des débats biaisés sur des sujets sensibles.


