Sur Facebook, une vidĂ©o de 2 minutes et 15 secondes circule, prĂ©tendant montrer le prĂ©sident gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema annonçant sa dĂ©mission. Dans cette vidĂ©o, il Ă©voque des motifs Ă la base de sa dĂ©mission tels que l’incapacitĂ© Ă fournir de l’eau potable, de l’Ă©lectricitĂ©, le manque de structures sanitaires et le chĂŽmage. Ă la fin de son discours, il demande pardon, annonce son exil au Canada et dĂ©clare que le vice-prĂ©sident SĂ©raphin Moundounga prendra la prĂ©sidence pendant 60 jours pour organiser de nouvelles Ă©lections. Mefiez-vous de cette vidĂ©o, elle est inauthentique car crĂ©ee Ă lâaide de lâintelligence artificielle. Le prĂ©sident Oligui nâa fait aucune dĂ©claration de ce genre et continue d’exercer ses fonctions en tant que chef suprĂȘme de la nation gabonaise.
« Le président Gabonais vient de démissionner de ses fonctions du président de la République!
VoilĂ un vrai patriote.Il n’a pas rĂ©ussi Ă donner l’eau, l’Ă©lectricitĂ©, soins mĂ©dicaux, le travail Ă la jeunesse. Mais notre prĂ©sident MULUBA a fait le tour de 5 pays dans 10 jours. » Ă©crit la page â Fils Lumumba Nationaliste â
La vidéo a rapidement gagné en viralité, étant partagée par de nombreuses pages Facebook et apparaissant dans de nombreux groupes publics.
Des Internautes pris Ă lâHameçon
En lisant les commentaires de cette publication qui a rĂ©coltĂ© 60 partages et 310 mentions « J’aime », il apparaĂźt que certains internautes ont cru Ă l’authenticitĂ© de la vidĂ©o suggĂ©rant que FĂ©lix Tshisekedi devrait dĂ©missionner Ă son tour.
Parmi eux, l’utilisateur Dacylva Sylvain a conseillĂ© : « C’est le temps de FĂ©lix aussi de dĂ©missionner, sinon il sera humiliĂ©, je vais dire la vĂ©ritĂ©. Beaucoup pensent que c’est une blague. »
De son cĂŽtĂ©, Thierry Mampezz a soutenu cette prĂ©tendue dĂ©cision de Brice Oligui en Ă©crivant : « VoilĂ un homme d’Ătat, un leader. »
Brice Clotaire Oligui Nguema toujours en Fonction
Pour Ă©valuer l’authenticitĂ© de cette information annonçant la dĂ©mission prĂ©sumĂ©e du prĂ©sident gabonais, Congo Check a rĂ©alisĂ© un monitoring des canaux de communication de la prĂ©sidence gabonaise (Facebook, X et Instagram).
Contrairement Ă cette annonce, Congo Check a relevĂ© plusieurs apparitions publiques de Brice Oligui Nguema. Par exemple, le 6 novembre, il a reçu Madame Lei Wang, PrĂ©sidente Directrice GĂ©nĂ©rale de Huawei pour la rĂ©gion CEMAC, lors d’Ă©changes portant sur la digitalisation de l’administration publique et la mise en Ćuvre de projets numĂ©riques.

Ă cette mĂȘme date, il a Ă©galement rencontrĂ© une dĂ©lĂ©gation du groupe Aksa Enerji, conduite par M. Yann Yangari, pour discuter de l’avancement des projets Ă©nergĂ©tiques stratĂ©giques.

Le 7 novembre, il a inaugurĂ© le Centre d’accueil Tabitha Ă Essassa, un espace dĂ©diĂ© Ă l’Ă©ducation et Ă la protection des enfants vulnĂ©rables, notamment des orphelins.

Le 10 novembre 2025, la cellule de communication de la présidence a annoncé que Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema se rendra à Conakry pour une visite officielle en République de Guinée.
Ces preuves de sa présence en tant que président attestent que la rumeur de démission est infondée.
VidĂ©o Issue de lâIntelligence Artificielle
Dans le but dâĂ©valuer l’authenticitĂ© de la vidĂ©o, Congo Check l’a soumise Ă l’outil Attestiv.VidĂ©o, un dĂ©tecteur de deepfakes et de contenus gĂ©nĂ©rĂ©s par intelligence artificielle. Les rĂ©sultats ont rĂ©vĂ©lĂ© que la vidĂ©o Ă©tait l’Ćuvre de l’IA Ă 52 %.

D’autres outils de vĂ©rification comme Sightengine ont Ă©galement confirmĂ© que la vidĂ©o est gĂ©nĂ©rĂ©e par intelligence artificielle Ă 87%. Lâapplication nommĂ©e Wasit AI a confirmĂ© le mĂȘme constat.
Congo Check a examinĂ© une vidĂ©o prĂ©tendant montrer le prĂ©sident gabonais, Brice Clotaire, annonçant sa dĂ©mission, et a conclu qu’il s’agit d’un contenu trafiquĂ© par le biais de l’intelligence artificielle.
Le gĂ©nĂ©ral Brice Oligui Nguema, qui a pris le pouvoir aprĂšs le coup dâĂtat dâAli Bongo en 2023, est toujours en fonction et a Ă©tĂ© proclamĂ© prĂ©sident 19 mois aprĂšs son coup dâĂtat, Ă l’issue des Ă©lections organisĂ©es en avril au Gabon, avec plus de 90 % des voix.


