Dimanche 29 janvier, des publications Facebook et WhatsApp affirmaient quâune personne qui a voulu dĂ©poser un engin explosif a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e par des services de sĂ©curitĂ© Ă lâhĂŽpital provincial du Nord-Kivu dans la ville de Goma. Une photo dâun homme Ă cĂŽtĂ© des sacs assis sur un banc accompagne cette lĂ©gende.
« Goma : un homme vient d’ĂȘtre attrapĂ© en train de piĂ©ger des explosifs Ă l’hĂŽpital provincial de Goma, la ville est en danger prions pour notre ville », lit-on sur le compte Facebook ââDR PROSPERââ.
En cette pĂ©riode oĂč la province du Nord-Kivu est en guerre, la panique gagne certaines personnes. « Cet homme a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© cet aprĂšs-midi Ă l’hĂŽpital provincial du Nord-Kivu. Il voulait poser un engin explosif dans cette structure sanitaire de la ville de Goma », lit-on sur le compte Facebook Justin Mwamba Ntwali.
« Pourquoi nos services de sĂ©curitĂ© sont incapables de nous sĂ©curiser. Seulement ils se lamentent et alertent au lieu de prendre des dispositions qui s’imposent », commente lâinternaute Djeef Mukubanya. Bismarck Bisimwa Bwende, un autre internaute souhaite que lâauteur soit sĂ©vĂšrement sanctionnĂ©. « Des gens pareils il faut ĂȘtre trĂšs sĂ©vĂšre avec eux, un dĂ©traquĂ© comme celui-lĂ il faut l’amener au stade et le traiter devant la population comme ça va donner la leçon aux autres ».
Dâautres nâont pas mis du crĂ©dit sur cette publication, câest le cas de Fabien Olondo. « Les gens sont terribles au Nord-Kivu. Capables de crĂ©er tout une histoire pour discrĂ©diter les innocents. Et c’est pareil pour plusieurs arrestations », sâest-il indignĂ©.
Le mĂ©decin directeur de lâhĂŽpital provincial dĂ©ment
Pour en savoir plus, nous avons contactĂ© le responsable de lâhĂŽpital et un infirmier qui assurait la gardait pendant ce moment. Matata Ngilima, mĂ©decin directeur de lâhĂŽpital et lâinfirmier dĂ©mentent cette information. « Maintenant que je vous parle, je suis Ă lâhĂŽpital, je nâai pas cette information, jâai aussi appris la nouvelle sur les rĂ©seaux sociaux, les gens disent quâune personne a dĂ©posĂ© la bombe Ă lâhĂŽpital. Je peux te confirmer que câest une fausse information », prĂ©cise Ă Congo check, Matata Ngilima, mĂ©decin directeur de lâhĂŽpital.
Nous avons par la suite contactĂ© Emmanuel Rukara, un des infirmiers de lâhĂŽpital qui assurait la garde depuis deux jours. « Câest une fausse information, sâil faut parler dâautres jours, lĂ je ne sais pas mais pour aujourdâhui et hier j’Ă©tais Ă lâhĂŽpital et je nâai pas entendu cette information. Je suis sĂ»r que câest une fausse information », explique Emmanuel Ă Congo check.
Un patient de lâhĂŽpital avec un comportement Ă©trange
Un membre de Congo check sâest rendu sur le lieu pour en savoir plus. « Un malade est ici ça fait plus d’une semaine mais son comportement inquiĂ©tait d’autres malades. Il ne reçoit pas de visiteurs, il ne parle Ă personne. Quand il voulait communiquer au tĂ©lĂ©phone il sortait dehors mĂȘme si c’Ă©tait pendant la nuit », explique un autre docteur RĂ©my de lâhĂŽpital.
La police urbaine rejette la nouvelle
Pour en savoir plus, un membre de congo check est allĂ© au commissariat provincial de la police du Nord-Kivu. La police rejette l’information et parle d’une fausse information fabriquĂ©e par l’ennemi dans le but de semer la panique.
“Nous avons aussi appris l’information sur les rĂ©seaux sociaux disant que la police a arrĂȘtĂ© une personne avec des engins explosifs. Mais nous n’avons reçu ni alerte, ni plainte ou mĂȘme dĂ©pĂȘchĂ© quelqu’un Ă l’hĂŽpital pour ce cas. C’est une fausse information, l’Ćuvre des ennemis de la RDC qui veulent semer la panique dans la ville”, ont confirmĂ© les sources au sein de la police qui n’ont pas voulu ĂȘtre citĂ©.
Contexte de la photo
Pour comprendre le contexte dans lequel la photo avait Ă©tĂ© prise, Congo check a envoyĂ© un de ses membres Ă l’hĂŽpital provincial du Nord-Kivu. Nous avons trouvĂ© le lieu oĂč la photo avait Ă©tĂ© capturĂ©e, un banc avec des sacs Ă cĂŽtĂ© que toute personne qui entre Ă l’hĂŽpital peut facilement voire juste Ă l’entrĂ©e cĂŽtĂ© droit dans le Bureau de la sĂ©curitĂ© de l’hĂŽpital. Malheureusement, la direction de l’hĂŽpital nous a interdit de prendre une photo mais elle nous a donnĂ© quelques Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires.
“L’homme que vous voyez sur la photo est un patient de lâhĂŽpital provincial, il poursuit les soins ici. Nous ne pouvons pas vous donner son identitĂ© car nous devons respecter les lois du mĂ©tier. La photo avait Ă©tĂ© capturĂ©e par des personnes qui ont l’intention de nuire Ă la province. Tout ce qu’il faut retenir est qu’il s’agit bien d’une fausse information”, a expliquĂ© Matata, le mĂ©decin directeur de l’hĂŽpital.
Pourquoi cette information est-elle nocive ?
Cette information peut causer une panique dans le chef de la population qui est dĂ©jĂ en guerre depuis quelques mois. Il peut Ă©galement ĂȘtre Ă la base de plusieurs demandes de transferts de malades de cet hĂŽpital vers dâautres hĂŽpitaux craignant des Ă©ventuelles explosions.


