Une vidéo circulant sur Facebook, présentée comme le dernier moment de partage de verre entre les amis Valy Amisi et Mukeba Beni soupçonnés d’avoir tué sonproche a suscité une vive émotion en ligne. Dans la séquence, on voit ces deux hommes, vêtus de blanc, à bord d’un yacht, dans un moment d’ambiance festive, trinquant avant de boire.
En légende, la vidéo est décrite comme la dernière filmée par ces deux amis, avant que l’un ne meure, prétendument victime de l’autre, accusé d’être responsable. Pourtant, cette vidéo irréelle, a alimenté la tristesse et l’inquiétude des internautes, qui ont notamment exprimé en commentaires la peur qu’un ami puisse leur faire du mal.
Après vérification et analyse par Congo Check à l’aide d’outils appropriés, il ressort que la vidéo provient de l’intelligence artificielle et qu’elle n’illustre aucunement un moment de partage de verre entre Amisi Valy et Mukeba Beni.
« Voici le dernier jus que Amisi avait partagé avec Beni Mukeba. » écrit la page “Vieux News ”.
Une vidéo générée par IA
Doutant de l’authenticité de la vidéo, l’équipe de rédaction de Congo Check a utilisé plusieurs outils spécialisés pour détecter les contenus visuels et textuels générés par intelligence artificielle. Les résultats obtenus confirment que la séquence vidéo en question est bel et bien une œuvre de l’IA.
Le premier outil, Hive Moderation estime que la vidéo ni présente une probabilité de 99,6 % d’être issue de l’intelligence artificielle.

Sightengine a également corroboré cette analyse, en indiquant une probabilité de 97 % que la vidéo soit générée par IA.

Enfin, Wasit AI confirme à son tour que le contenu est le produit de l’intelligence artificielle.

Analyse visuelle
L’observation visuelle demeure un rempart essentiel face aux contenus générés par IA. En réalisant une analyse attentive, Congo Check a relevé plusieurs incohérences qui tendent à prouver que la vidéo est effectivement artificielle.
1. La voix
Dans la vidéo, la voix off de Vally Amisi présente un timbre et une intonation typiques des outils de synthèse vocale (Text-to-Speech). Le rythme est très régulier et manque de nuances émotionnelles naturelles. De plus, la synchronisation labiale (mouvement des lèvres en lien avec les paroles) paraît imparfaite, ce qui constitue un indice fréquent dans les vidéos deepfake ou produites par IA.
2. Les proportions physiques
– La taille : dans la réalité, Beni Mukena est notoirement plus grand que Vally Amisi. Or, dans cette vidéo, ils apparaissent à une hauteur presque similaire, ce qui trahit une erreur de conception de l’IA, laquelle tend souvent à « normaliser » les tailles des sujets dans un même cadre.
– Les mains et les doigts : lorsqu’ils tiennent les verres (environ vers 0:03 à 0:05), les doigts semblent se déformer ou se confondre avec l’objet. L’IA rencontre encore des difficultés à rendre les mains humaines de façon cohérente, surtout lorsqu’elles manipulent des objets transparents.
Le Contexte de l’Affaire Amisi – Mukena
L’actualité en RDC est dominée par l’enquête relative à la mort de Vally Amisi, un opérateur économique dont le décès a suscité de nombreuses interrogations. Beni Mukeba, présenté comme son ami proche et partenaire d’affaires, se retrouve au cœur de l’attention médiatique et judiciaire. Il est accusé d’être derrière la mort de son ami, après la divulgation de vidéos de caméras de surveillance montrant qu’il entre d’abord dans un hôtel avec Amisi Vany, puis ressort, alors qu’il est ensuite aperçu dans l’ascenseur en train de déplacer un corps sans vie.
En présentant cette séquence vidéo générée par IA comme les « derniers instants » de deux personnes, les auteurs exploitent l’empathie du public. Cela provoque un traumatisme artificiel chez les proches et les abonnés, tout en brouillant la mémoire réelle des individus concernés.
Après vérification à l’aide des outils Hive Moderation, Sightengine et Wasit AI, ainsi qu’après une observation critique de la vidéo, Congo Check conclut qu’elle est générée par IA et qu’elle n’illustre aucunement les derniers instants entre Valy Amisi et Beni Mukena.


