En date du 4 mai, pendant que les élèves finalistes débutent leurs épreuves préliminaires des examens d’État 2026 sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo, une image a commencé à circuler sur les réseaux sociaux. On y voit des militaires armés, dans une salle d’examens. Ceux qui la publient, prétendent montrer la réalité qui se déroule dans les villes de Bukavu et Goma, actuellement contrôlées par l’Alliance fleuve Congo (AFC-M23).
Méfiez-vous, cette image n’est pas réelle. Elle est générée par l’IA et ne montre pas la réalité de passation d’examens dans ces deux villes. Aucun militaire ne surveille ces examens à Bukavu et à Goma.
« Dissertation à Bukavu et Goma »
Très rapidement, la photo a fait le tour de la toile. Plusieurs pages et comptes Facebook l’ont relayé sans vérifier si l’information est vraie ou fausse.
Démenti formel des sources sur le terrain
Pour vérifier la véracité de cette information, différentes sources ont été contactées par Congo Check, avant que notre équipe ne s’attelle à l’image. Et ces sources ont toutes démenti cette rumeur.
Interrogé sur la situation, le directeur des études de l’institut Mwanga (l’un des centres que compte la ville de Goma) a été catégorique.
« C’est faux. Intelligence artificielle », a-t-il précisé. Même réaction pour le directeur principal du complexe scolaire Amani. Il a clairement répondu par « Faux » à notre question sur la prétendue présence des militaires dans les salles d’examens d’Etat.
Ce constat est corroboré par les élèves finalistes rencontrés juste après leur examen de dissertation du 4 mai. À la sortie des épreuves au collège Mwanga de Goma, des finalistes ont confirmé que les surveillants étaient exclusivement civils.
« Mensonge, les surveillants sont civils. Il n’y a aucun militaire dans la salle. »
Nos équipes présentes sur place à Goma, n’ont constaté aucun déploiement de troupes, ni à l’intérieur ni aux abords immédiats des enclos scolaires.
À Bukavu, le constat est identique. Les journalistes locaux ayant couvert le lancement officiel des épreuves confirment qu’aucun porteur d’arme n’a eu accès aux salles d’examen.
« Une fausse information et cette image a été générée par l’intelligence artificielle, moi-même j’étais là hier lors du lancement des examens, aucun militaire n’avait accès dans la salle », a précisé Messi Ngoma Abalawi.
L’expertise technique : image générée par l’IA
Pour trouver l’origine de cette image qui circule, le recours aux outils de détection de contenus générés par l’IA a été nécessaire. Les résultats confirment la manipulation numérique. Sightengine.ai donne une probabilité à l’échelle de 50%.

Truthscan.com et Hive modération donnent des résultats à une probabilité qui varie entre 97 et 99,9 % que ce cliché soit généré par l’IA.

Méfiez-vous donc, l’image montrant des militaires armés dans des centres d’examen à Bukavu et Goma est fausse. Il s’agit d’un contenu synthétique généré par intelligence artificielle. Le déroulement des épreuves préliminaires de l’examen d’État s’est effectué dans un cadre civil habituel, sans la présence de troupes armées dans les salles de classe.


