Des rumeurs font croire que le prĂ©sident burkinabĂ© Ibrahim TraorĂ© se serait exprimĂ© sur le dossier judiciaire qui oppose l’Ex-Ministre congolais de la Justice Constant Mutamba dans l’affaire de dĂ©tournement de fonds pour la construction d’une prison Ă Kisangani. Son procĂšs s’est ouvert depuis le 09 Juillet 2025, poursuivi le 23 et le 30 juillet dernier, avant d’ĂȘtre renvoyĂ© Ă ce 04 AoĂ»t 2025. Sur le rĂ©seau social Facebook, plusieurs internautes publient l’information selon laquelle le PrĂ©sident du Burkina Faso a pris la dĂ©fense de Constant Mutamba, le comparant Ă Vital KAMERHE et Jean-Mark Kabund, deux grandes figures politiques congolaises qui avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es, relĂąchĂ©es et travaillent pour leur peuple, dont Mutamba le sera Ă©galement, d’aprĂšs la lĂ©gende. L’auteur de cette publication cite comme annonceur, le titre de presse _Africa Intelligence_, qui se concentre sur l’actualitĂ© politique et Ă©conomique du continent africain, dont le siĂšge social est situĂ© 10, rue de la Fontaine-au-Roi, 75011 Paris.
« Ibrahim TraorĂ© prend la dĂ©fense de Constant Mutamba. Kamerhe a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©, Kabund a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©. MĂȘme si on va condamner MUTAMBA Ă 50 ans, il est encore trop jeune, il sera un jour libre et va toujours travailler pour son peuple et pour nous qui l’aimons Ă©tant panafricaniste ”(Afrique intelligence) », Ă©crit l’auteur de cette publication sur sa page, suivi par plus de 204.000 internautes. Fiston Mukunayi a partagĂ© cette nouvelle, de mĂȘme pour Active mĂ©dia sur leurs pages facebook, avec plus de 600 rĂ©actions des internautes ( mentions j’aime, commentaires et partages ).
Vérification des faits
Dans sa mission de vĂ©rification de faits, lutte contre la dĂ©sinformation et les rumeurs, et pour Ă©clairer l’opinion, Congo Check a menĂ© des recherches au prĂšs de _Africa Intelligence_, qui souligne avec vĂ©hĂ©mence, la faussetĂ© que contient cette publication et dont leur Ă©quipe journalistique ne reconnaĂźt point. « Cet extrait mentionnĂ© ci-dessous n’a pas Ă©tĂ© publiĂ© par Africa Intelligence. Je crains que cette “reprise” ne soit fausse et donc rĂ©alisĂ©e par un auteur diffĂ©rent que notre Ă©quipe journalistique. », rĂ©pondit-il Ă Congo Check par voie tĂ©lĂ©phonique, et d’insister « Cet extrait ne provient pas de notre publication, si vous souhaitez vĂ©rifier d’autres Ă©lĂ©ments je vous invite Ă vous rendre sur notre site ». Et bien, Congo Check a visitĂ© ce site et rien n’a Ă©tĂ© trouvĂ© sur ce sujet.
Sans s’arrĂȘter par lĂ , nos vĂ©rifications sont allĂ©es jusqu’Ă contacter Fiston Mukunayi, l’internaute et auteur de la publication, celui-ci n’a pas su prouver l’authenticitĂ© de cette information « c’est une information reçue de mes cĂąbles, et jusqu’Ă l’instant je n’ai pas encore eu le contraire », a-t-il dit au tĂ©lĂ©phone de Congo Check.
Les recherches ont été approfondies dans différents canaux de communication de la Présidence du Burkina Faso ( Site, Facebook et X ).
L’Ă©quipe rĂ©dactionnelle de Congo Check est entrĂ© en contact tĂ©lĂ©phonique avec le responsable de la communication prĂ©sidentielle du Burkina Faso, tout en rejetant l’information, celui-ci a Ă©numĂ©rĂ© les diffĂ©rents points et indices qui dĂ©montrent que la nouvelle n’est pas rĂ©elle
« Personnellement je n’ai aucune information publique indiquant que le PrĂ©sident du Faso le Capitaine Ibrahim TRAORĂ ait dĂ©fendu Constant MUTAMBA, l’ancien ministre congolais de la Justice.
En conclusion, l’information selon laquelle le prĂ©sident du Faso aurait dĂ©fendu Monsieur MUTAMBA n’est pas avĂ©rĂ©e. » a soulignĂ© Rachid ZONGO au tĂ©lĂ©phone de Congo Check.
Nos efforts pour joindre l’ancien Ministre congolais de la Justice ( Constant Mutamba ) et ses proches sont restĂ©s vains. Congo Check a plus de deux fois parlĂ© au ChargĂ© de Communication de Constant Mutamba qui n’a pas su donner sa version de fait.
Image truquée?
La photo affichĂ©e par l’internaute prĂ©sente des anomalies qui la discrĂ©dite, et prouve qu’elle a Ă©tĂ© truquĂ©e, d’aprĂšs le chargĂ©e de Communication Ă la PrĂ©sidence burkinabĂ©e, qui lui-mĂȘme dit ne pas reconnaĂźtre cette rencontre.
« Concernant la photo et pour ma modeste expĂ©rience, quand on regarde l’image il y a plusieurs signes indiquant qu’elle est truquĂ©e :
1.Il aurait dĂ» avoir le drapeau respectif du Burkina Faso et du Congo s’il y avait une rencontre aussi officielle. Mais sur l’image on voit un seul drapeau
2.L’image du prĂ©sident du Faso s’accommode trĂšs bien avec le contraste preuve que c’est l’image de base. Par contre il y a plus de luminositĂ© sur l’image de Monsieur MUTAMBA et son regard n’a pas la mĂȘme direction que le prĂ©sident du Faso.
3.Regardez au niveau des bras rapprochĂ©s des deux hommes, le contraste est trĂšs visible, on voit clairement qu’il y a une image d’incrustation. Conclusion : l’image n’est pas avĂ©rĂ©e encore moins l’information selon laquelle le prĂ©sident du Faso aurait dĂ©fendu Monsieur MUTAMBA », signale Rachid ZONGO, et d’ajouter « La seule information officielle et publique en lien avec rĂ©cemment une autoritĂ© congolaise reçue au Burkina Faso c’est le Premier ministre de la RĂ©publique du Congo (Congo-Brazzaville), Anatole Collinet Makosso, qui a effectuĂ© une visite d’amitiĂ© et de travail au Burkina Faso.
Au cours de cette visite, il a été reçu par le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré. »
Ces faux propos attribuĂ©s au PrĂ©sident de la transition burkinabĂ© constituent une ingĂ©rence dans le fonctionnement de lâappareil judiciaire congolais. Des faux propos, et ceux, sans ĂȘtre remis dans leurs vrais contextes, peuvent conduire Ă une dĂ©tĂ©rioration du climat diplomatique entre la RDC et le Burkina Faso.
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