Un message largement partagé sur les réseaux sociaux affirme qu’aucun migrant sud-américain expulsé des États-Unis n’est arrivé à Kinshasa le 17 avril 2026, s’appuyant sur une source à l’Aéroport international de N’djili et évoquant l’absence de tout mouvement ou dispositif d’accueil. Présenté comme un « démenti urgent », ce post conclut que l’information initiale est fausse. Pourtant, les faits établis racontent une autre réalité. Congo Check a pu retrouver les traces de ces migrants des pays tiers.
« L’information qui circule depuis ce matin sur l’arrivée à Kinshasa d’un premier groupe de migrants péruviens et équatoriens expulsés des États-Unis est fausse, selon une source à l’aéroport de Kinshasa-Ndjili », lit-on sur des publications en ligne. Mais, le cabinet du ministre de la communication, approché par Congo Check a démenti cette version. « Un premier contingent de 15 personnes est arrivé à Kinshasa le 17 avril », a recadré la cellule de communication de Patrick Muyaya. Aussi, plusieurs médias ont confirmé cette arrivée, comme Reuters et Associated Press.
« Ils sont arrivés dans la nuit de jeudi à vendredi, à bord d’un avion affrété. L’appareil a quitté les États-Unis pour Accra puis Kinshasa », a révélé à Congo Check un agent aéroportuaire sous le sceau de l’anonymat. Ce dernier a également livré la direction qu’aurait pris le contingent. « Selon les informations reçues, ils sont logés dans la commune de la N’Sele », a-t-il ajouté.
Congo Check a investigué pour découvrir que ces migrants sont logés au Village Venus, sis boulevard Lumumba, dans la commune de N’Sele à Kinshasa. Cette vaste concession de plaisance appartient à Jean Kamisendu, ancien gouverneur du Bandundu. Parmi eux, des Colombiens, des Péruviens et d’Équatoriens.
Enfin, le rappel selon lequel les expulsions américaines se font vers les pays d’origine est globalement exact, mais incomplet. La RDC et les États-Unis ont conclu un accord migratoire, début avril. Selon les termes de cet accord, Kinshasa doit recevoir des expulsés des pays tiers de manière temporaire avant d’être rapatriés dans leurs pays d’origine. « C’est un service que nous rendons aux USA qui prennent en charge leur séjour chez nous », a expliqué la Première ministre Judith Suminwa. Plusieurs pays comme le Rwanda et le Ghana ont également conclu des accords similaires avec les USA.


