L’artiste musicienne Rebo Tchulo est au centre de l’actualité après avoir été victime d’un vol et d’actes de vandalisme. Selon des informations relayées sur les réseaux sociaux, plutôt que de remettre le suspect aux autorités compétentes, elle a ordonné à ses militaires de protection de s’en occuper. Une vidéo montrant des sévices corporels infligés au présumé voleur s’est rapidement propagée en ligne, provoquant l’indignation de nombreux citoyens congolais qui ont condamné la violence physique.
Face à l’ampleur de l’affaire sur la toile congolaise, le Ministre de la Justice a donné injonction à l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) afin d’ouvrir une enquête judiciaire. L’objectif est d’établir les faits, d’identifier les responsables et d’engager des poursuites devant les juridictions compétentes.
Un jour après ce dossier, une capture d’une publication attribuée à Rebo Tchulo a circulé sur Facebook. Dans cette publication, l’artiste affirme être intouchable, en raison de son appartenance à la tribu du président Félix Tshisekedi, les « Luba ». Toutefois, manipulée, cette information a suscité de vives réactions et des accusations visant la justice congolaise, accusée de favoriser les « Luba » dans ses décisions. Après analyse, Congo Check confirme que cette capture a été fabriquée pour manipuler l’opinion publique et attiser la haine communautaire. La publication authentique identifiée par Congo Check ne contient pas cette déclaration faussement attribuée à Rebo Tchulo.
« Rebo Tchulo répond aux gens sur Instagram : ” Je suis luba, Je suis intouchable ” » publie la page “ L’homme des Couloirs ”
Une capture Instagram trafiquée
Grâce à la recherche inversée d’image menée par Congo Check, la publication originale de Rebo Tchulo dont une capture a circulé tout en étant manipulée a pu être retrouvée.
L’image authentique avait été publiée le 4 mai 2024 sur le compte Instagram de l’artiste. En légende, Rebo Tchulo avait écrit : « No Risk, no story ».

Or, cette publication ancienne qui refait aujourd’hui surface a été modifiée dans le but de manipuler l’opinion publique : l’auteur de la désinformation s’est contenté de reprendre la capture de la photo, avant d’y ajouter des propos polémiques du type : « Je suis Luba, je suis intouchable, Congo mon héritage. ».
Conséquences de cette manipulation
En République démocratique du Congo, cette fausse capture alimente des condamnations contre la justice congolaise. Certains accusent celle-ci de favoriser les Luba au détriment d’autres communautés dans le cadre de procès. Le cas le plus cité semble être l’affaire du docteur David Balangayi, présenté comme étant de tribu Luba et qui aurait été acquitté dans un dossier où il aurait été vu en train de gifler une femme ayant récemment accouché.
Ainsi, relayer cette capture falsifiée risque d’accentuer les tensions communautaires contre les Luba, voire de discréditer la justice congolaise.
Après vérification, il s’agit donc bien d’un montage : cette capture d’une publication de Rebo Tchulo qui circule actuellement n’est pas authentique.


