Attention : Moïse Katumbi n’a pas demandé l’arrêt de la traque des détourneurs de l’argent de l’État

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Moïse Katumbi, ici en novembre 2011 à Lubumbashi lors d'une rencontre avec des représentants de la Monusco. © AFP/Phil Moore

Sur la page Facebook « L’œil du Chef », une publication dit, faussement, que le leader d’Ensemble pour la République, Moïse Katumbi a demandé à la justice de mettre fin à la traque contre les détourneurs d’argent en République démocratique du Congo.

Ce post affirme que c’est par crainte d’être dans le viseur de la justice que Katumbi a formulé sa demande. Méfiez-vous, il s’agit d’une fausse information.

« Moise Katumbi demande qu’on arrête de traquer les détourneurs. Il craint déjà que les enquêtes tournent vers lui après tout ce qu’il a fait car Il a des comptes à rendre à la République démocratique du Congo. », note faussement cette publication.

Moise Katumbi demande qu'on arrête de traqué les détourneurs. Il craint déjà que les enquêtes tournent vers lui après…

Posted by L'oeil du Chef on Friday, August 20, 2021

L’infox date du 20 août, elle était publiée au lendemain d’une sortie médiatique que le président du parti politique Ensemble pour la République a récemment fait. Depuis, cette publication a généré 47 mentions j’aime et 33 commentaires, malheureusement, il y a des internautes qui ont cru que Moïse Katumbi avait tenu ces propos. Pierre Mbiye qui a aussi cru demande d’ailleurs à la justice d’enquêter sur le détournement des minerais par Moïse dans l’ex Katanga : « Etant le premier détourneur des minerais de notre pays, que la justice se saisisse de son cas ». L’internaute Jean Mathantu, retire sa confiance à Moïse Katumbi suite à ce faux discours : « Ça montre en suffisance qu’il n’a pas sa place au sommet de l’état », écrit -il en commentaire.

Face à l’ampleur qu’a pris cette infox, Congo check a parcouru les médias nationaux et internationaux, traitant de l’actualité congolaise, sans trouver aucun lien allant dans le sens où Katumbi a demandé à la justice congolaise d’arrêter la traque des détourneurs de l’argent de l’État.

Dans un article du journal Jeune Afrique publié le 20 août, Moïse Katumbi a plutôt déclaré que la justice ne doit pas être instrumentalisée en particulier à des fins politiques, elle doit être indépendante, s’il faut condamner, il faut aussi savoir pardonner, faisant allusion aux proches de l’ancien Président Joseph Kabila qui sont actuellement en exil.

« La justice doit être indépendante et non pas instrumentalisée, en particulier à des fins politiques. C’est ce que nous avions dénoncé avec l’UDPS [l’Union pour la démocratie et le progrès social, de Félix Tshisekedi] quand nous étions ensemble dans l’opposition. La justice ne peut pas se montrer sélective, il faut mettre un terme à la chasse aux sorcières. Il est important que les méfaits commis soient jugés. Pour autant, s’il faut condamner, il faut aussi savoir pardonner. La place des Congolais est au Congo. On ne peut se réjouir d’en voir prendre la route de l’exil, quoi qu’ils aient fait. Cela vaut pour Kikaya Bin Karubi, John Numbi, Kalev Mutond et les autres. », note cet extrait de l’interview de Moïse Katumbi accordée au journal JA.

Abordé par Congo check, le journaliste Stanis Bujakera qui avait réalisé cette interview avec Moïse Katumbi dément :

« Faux, Moïse Katumbi n’a pas dit ça », précise-t-il.

Contexte de l’infox

1. Le post a été publié au lendemain de la sortie de l’article du journal Jeune Afrique dans lequel Moïse Katumbi est revenu sur plusieurs faits d’actualité en République démocratique du Congo notamment l’état de droit prôné par Félix Tshisekedi.

2. La déclaration de Katumbi arrive alors que plusieurs acteurs politiques ont été condamnés par la justice congolaise pour des faits politiques ou pour détournement de deniers publics, d’autres ont été contrés d’aller en exil. Le cas de Vital Kamerhe, président du parti politique Union pour la nation congolaise, qui a vu sa peine réduite lors de son procès en appel, de 20 à 13 ans de travaux forcés. Il est accusé d’avoir détourné des fonds alloués à la construction de logements sociaux. Aussi, la condamnation à 22 mois en appel du leader de la jeunesse d’Ensemble pour la république, Jacky Ndala.

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