Une image présentant un prétendu « Accord pour la stabilité et la paix au Congo » circule de nouveau sur les plateformes numériques. Ce document, évoquant des clauses d’immunité et de partage du pouvoir, est une fabrication numérique manifeste. Au-delà des incohérences historiques flagrantes, des analyses techniques poussées confirment l’utilisation d’outils de manipulation numérique pour concevoir ce visuel.
L’analyse forensique réalisée via l’outil spécialisé Hive Moderation révèle un indice de probabilité de 25,3 % concernant l’usage de l’intelligence artificielle ou de manipulations numériques structurelles. Ce score, significatif pour un document censé être une simple photographie d’un support physique, indique que des éléments de l’image ne proviennent pas d’une capture optique réelle. Ce faible score signifie également que le document a visiblement été écrit par un humain avant le recours à l’IA pour vieillir le document et créer un effet « papier brûlé ». Cette donnée technique concorde avec les marqueurs numériques SynthID (un outil Google) qui détectent des retouches effectuées par des algorithmes de génération d’images, prouvant que le support, caractérisé par son papier froissé et ses taches de café, est une création synthétique.
La structure matérielle de l’image présente des anomalies visuelles typiques, tel que l’aspect vieilli et les déchirures qui affichent une uniformité artificielle, tandis que les signatures semblent avoir été superposées numériquement sans interaction naturelle avec les fibres du papier.
Des anachronismes historiques qui trahissent
Sur le plan chronologique, le contenu du document contient des erreurs majeures qui confirment son inauthenticité. La mention du regroupement politique « CACH » pour un document signé le 8 janvier 2018 est révélatrice. Ce regroupement n’a vu le jour qu’en novembre 2018, soit 10 mois après la date visible sur le document en circulation. De plus, le document présente plusieurs anomalies typiques comme le style rédactionnel approximatif, les erreurs ou incohérences dans la structuration.
L’accumulation de preuves techniques, dont le résultat de l’analyse Hive et la détection de traces d’IA, confirme qu’il s’agit d’une manipulation exploitant la sensibilité de l’opinion publique en simulant une preuve matérielle de coulisses politiques.


