Voici l’histoire du premier Coup d’État de Mobutu, par Benjamin Babunga

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Ce jour-là… 13 septembre, comme aujourd’hui…

Le 13 septembre 1960, Lumumba obtient des Chambres réunies (Chambre basse et Sénat) les pleins pouvoirs, mais le vote et la procédure sont contestés par le camp du Président Kasa Vubu (ce dernier venait de le révoquer le 5 septembre). L’armée est présente dans le bâtiment lors du vote.Mais le lendemain (14 septembre), le Président Kasa-Vubu ajourne les Chambres, et le colonel Mobutu est nommé seul « chef de l’armée congolaise », écartant ainsi Lumumba qui, tout en était Premier ministre, avait également en charge la défense du pays. Le Congo connaît alors deux gouvernements rivaux, deux légalités opposées et deux délégations à l’ONU. Ce même 14 septembre, à 20h30, coup de théâtre : l’armée décide de neutraliser le Président et les deux gouvernements rivaux. L’initiative vient de Mobutu, après une réunion d’officiers supérieurs de l’armée nationale Congolaise. Il prend la parole à la radio et déclare : « Pour sortir le pays de l’impasse, l’armée congolaise a décidé de neutraliser le Chef de l’Etat, les 2 gouvernements rivaux, ainsi que les 2 Chambres. Il ne s’agit pas d’un coup d’Etat militaire, mais plutôt d’une simple révolution pacifique pour sauver le pays du chaos ».

Mobutu neutralise jusqu’à fin décembre les autorités politiques et place Lumumba en résidence surveillée. Poussé par les USA dans leur lutte anti-communiste, Mobutu décide la fermeture des ambassades soviétique et tchécoslovaque, en accusant ces pays d’ingérence intérieure.

Le lendemain, au camp militaire, Mobutu et Lumumba demandent aux soldats l’arrestation l’un de l’autre. Lumumba demande protection aux officiers ghanéens de l’ONU. Il se réfugie ensuite aux ambassades de Guinée et du Ghana, puis dans sa résidence, protégé par les Ghanéens.

Le coup de force de Mobutu profite dans les faits au Président Kasa-Vubu, qui garde une certaine liberté d’action, contrairement à Patrice Lumumba, que les responsables congolais cherchent à faire arrêter pour le neutraliser politiquement. Mais Mobutu hésite encore, sans doute en fonction des rapports de force et de la présence des Casques bleus de l’ONU : quelques jours plus tard, après une première arrestation, Mobutu fait libérer Lumumba avec le soutien de l’ONU. Une possible réconciliation est évoquée.

Le 10 octobre, Patrice Lumumba se retrouve prisonnier de fait, assigné dans sa résidence privée, gardée par un cordon de Casques bleus ghanéens, lui-même ceinturé par les soldats congolais. Patrice Lumumba se résout alors de fuir, en novembre, vers Stanleyville (Kisangani).

Mais il sera arrêté en route et emprisonné début décembre avec ses deux compagnons au grand camp militaire de Thysville (aujourd’hui Mbanza-Ngungu). Les trois hommes seront envoyés à Elisabethville (Lubumbashi), où ils sont assassinés en janvier 1961.

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