Depuis l’attaque aux drones contre une résidence abritant le personnel humanitaire de l’ONU début mars dans la ville de Goma ayant fait au moins trois morts dont une travailleue française de l’UNICEF, plusieurs informations erronées circulent sur la toile. À titre d’exemple, cette vidéo montrant les équipes de secours en pleine intervention au lieu de l’attaque. Elle présente la maison attaquée comme une résidence de Joseph Kabila, ancien président de la République démocratique du Congo. Bien qu’ayant une maison dans les parages, celle atteinte par les tirs aux drones n’est pas une propriété de Joseph Kabila a constaté Congo Check qui a vérifié l’information via plusieurs sources.
“La résidence de Kabila a été visée par un drone de Tshisekedi (ndlr=actuel président congolais) à Goma” écrit Bibi Kapinga, un compte suivi par plus de 317 milles abonnés.
La résidence atteinte n’appartient pas à Joseph Kabila
Dans ses démarches de vérification, Congo Check a établi que la résidence atteinte est située dans le même périmètre que l’une des résidences de l’ancien président Joseph Kabila au quartier Himbi, mais séparés par une distance de 160.99 mètres selon les mesures prises par Congo Check via l’application Google Maps.
Trois avenues séparent d’ailleurs les deux résidences constatent les équipes de Congo Check via les outils OSINT (investigation par données ouvertes) recourant aux images satellites.
Maison louée par l’UNICEF
Après le drame, une des victimes du bombardements a été identifiée comme Karine Buisset, spécialiste des questions prévention d’exploitation et abus sexuels au sein du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF). Des sources du mouvement rebelle Alliance Fleuve Congo/Mouvement du M23 Mars (AFC-M23) qui contrôle la ville de Goma, du gouvernement congolais, de l’ONU et d’UNICEF mentionnent toutes l’identité de la victime et son rôle au sein de cette organisme du système des Nations Unies.
« Nous sommes, à l’UNICEF, profondément bouleversés et indignés par le décès de notre collègue Karine Buisset, tuée lors d’une attaque de drone sur un bâtiment abritant des travailleurs humanitaires à Goma, en République démocratique du Congo. Karine était une humanitaire dévouée qui travaillait sans relâche pour venir en aide aux enfants et aux familles touchés par les conflits et les crises. Nos pensées accompagnent sa famille, ses amis et ses collègues en cette période extrêmement difficile» avait dénoncé dans un communiqué l’UNICEF, qui avait indiqué poursuivre à recueillir des informations supplémentaires sur l’incident tout en rappelant à la protection des travailleurs humanitaires.


