Un communiqué avec en tête du ministère provincial de l’Intérieur, sécurité, décentralisation et affaires coutumières du Lualaba circule depuis le 8 février sur les réseaux sociaux. Selon son contenu, le ministre provincial aurait alerté sur la présence de l’armée rwandaise et des rebelles M23 dans cette province issue du démembrement de l’ex-Katanga. Congo Check a pu établir que ce document est faux, en identifiant notamment plusieurs signes de modification dans le document en circulation.
« URGENT : le ministère de l’intérieur du Lualaba appelle la population a dénoncé les M23 qui se trouvent à Kolwezi », écrit un internaute. Dans la foulée, plusieurs pages sur Facebook ont partagé le communiqué qui a généré une centaine de partages cumulées au 10 février.
Pour vérifier l’information, Congo Check a approché Me Aubin Nkulu, attaché de presse au gouvernorat du Lualaba qui a prévenu sur la nature fausse du document. « C’est une fakenews venue des ennemis du Lualaba », a-t-il réagi. Même son de cloche du côté de Jean-Bosco Ngodja, communicateur au gouvernorat. « Le ministre provincial n’a jamais signé de communiqué faisant état de la prétendue présence de rebelles dans la province du Lualaba », a-t-il recadré.
Avec ces éléments, nos équipes ont analysé de près le document, notamment grâce à l’outil Fake image detector qui a conclu à un document « modifié à l’ordinateur ». Une analyse comparative du document avec d’autres communiqués du ministre provincial a permis d’identifier plusieurs incohérences. Alors que le communiqué en circulation porte le numéro 39, Congo Check a retrouvé le communiqué numéro 37 qui possède plusieurs similitudes étranges. Les deux communiqués renvoient au même arrêté du gouverneur relatif au couvre-feu. Contrairement à ce qu’affirme le communiqué 39, cet arrêté a été signé le 27 janvier et non le 7 février.
Plusieurs autres détails, notamment l’entête et la disposition de la signature, renseignent que le faux communiqué 39 a été élaboré en se servant du communiqué 37. Ce document faussement attribué aux autorités du Lualaba est de nature à semer la panique au sein de la population alors que les rebelles du M23 ont gagné du terrain ces dernières semaines.