Ebola: les données sanitaires classent sa transmission comme zoonose, non pas en attaque biologique

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  • Depuis quelques semaines, les internautes en République Démocratique du Congo doutent de la réapparition d’une nouvelle épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Équateur. Ces doutes ont été accentués cette semaine, avec des informations non encore confirmées, indiquant que l’officier canadien Trevor Cadieu (Kadier) a été arrêté par les forces armées russes en Ukraine. Des internautes, ont vite indiqué sans aucune source, que ce général à la retraite est l’inventeur du virus Ebola, qu’il avait déversé en Afrique, précisément en République Démocratique du Congo pour extinction des populations africaines. Congo Check qui a vérifié ces allégations conclut qu’elles ne reposent sur aucune évidence scientifique et les publications y relatives sont porteuses de plusieurs faits de désinformation.

Ebola, une maladie transmise à l’homme par les animaux réservoirs naturels du virus (OMS)

Sur son onglet, consacré à cette maladie, l’Organisation Internationale de la Santé (OMS) donne l’essentiel d’informations scientifiques en lien avec la maladie à virus Ebola. Le virus se transmet à l’homme à partir des animaux sauvages et se propage ensuite dans les populations par transmission interhumaine explique cet organisme des Nations Unies.

« Le virus Ebola provoque une maladie aiguë et grave, souvent mortelle si elle n’est pas traitée. La maladie à virus Ebola est apparue pour la première fois en 1976, lors de 2 flambées simultanées à Nzara (aujourd’hui au Soudan du Sud) et à Yambuku (République démocratique du Congo). Yambuku étant situé près de la rivière Ebola, celle-ci a donné son nom à la maladie » lit-on sur le site de l’OMS.

« La famille de virus Filoviridae compte 3 genres: Cuevavirus, Marburgvirus et Ebolavirus. Cinq espèces ont été identifiées chez Ebolavirus: Zaïre, Bundibugyo, Soudan, Reston et Forêt de Taï »

OMS

Les scientifiques pensent que les chauves-souris frugivores de la famille des Pteropodidés sont les hôtes naturels du virus Ebola. « Celui-ci s’introduit dans la population humaine après un contact étroit avec du sang, des sécrétions, des organes ou des liquides biologiques d’animaux infectés comme des chimpanzés, des gorilles, des chauves-souris frugivores, des singes, des antilopes des bois ou des porcs-épics retrouvés malades ou morts dans la forêt tropicale » éclaire le même document.

Entre théories de complot et informations sorties de contexte

Les internautes qui relayent l’information sur l’arrestation du général canadien Trevor Cadieu n’ont donné aucune source factuelle. Ils se sont appuyés sur une photo, démontée par l’équipe des Observateurs de France 24. Selon la démarche menée par cette équipe, la photo est antérieure aux faits rapportés et le général Trevor Cadieu n’y figure pas, car à l’époque, il était encore en fonction dans son pays.

C’est également le cas lorsque les mêmes internautes partagent l’avis que le général Trevor Cadieu est l’inventeur du virus Ebola. Sans avancer d’évidence, ils propagent les théories du complot qui sont alimentent les croyances communautaires lorsque les nouvelles maladies apparaissent ( cas de l’infodémie lors de la flambée de la pandémie de Covid-19.)

La diffusion d’informations inexactes lors des épidémies est un phénomène dangereux car il éloigne la réponse sanitaire des populations, qui devraient bénéficier des interventions sanitaires.

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K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni. Journaliste basé dans la partie Orientale de la République Démocratique depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme au Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il poursuit un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) /Université Lumière Lyon (France). Son livre "Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République Démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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