Apres la chute de Goma et Bukavu, deux grandes villes de l’Est de la République Démocratique du Congo, entre les mains de l’AFC/M23, plusieurs organisations humanitaires actives dans cette région ont alerté sur la situation sécuritaire avec le déplacement de milliers de civils. Fin janvier 2025, la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) a annoncé une relocalisation temporaire de son personnel non essentiel stationné à Goma.
Sur Facebook, une publication faite le 17 février 2025, montrant un groupe de personnes devant un hélicoptère portant les initiales « UN » des Nations Unies lit : « Beni : la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUSCO) basée à Beni a commencé l’évacuation de son personnel et de leurs familles depuis le samedi 15 février ». Pourtant, cette photo date de 2022 et n’a rien à voir avec la situation sécuritaire de 2025.
Cette photo est également publiée ici.
Une photo de l’évacuation des journalistes en 2022 à Rutshuru
Congo Check a vérifié le contexte de cette photo et d’après les résultats de la recherche inversée d’images avec le logiciel Google Lens, cette photographie apparaît dans une publication de la MONUSCO sur X. La publication en question date du 31 octobre 2022.
Il est rapporté dans que l’image montre « la #MONUSCO (qui évacue) par hélicoptère 12 journalistes de #Rutshuru vers Goma (le) lundi 31 octobre 2022 à la suite de la détérioration de la situation sécuritaire ».
Contexte détaillé de l’événement
Le 20 octobre de cette année-là, les combats opposant les forces armées congolaises au membres du groupe armé du M23 avaient repris après des semaines d’accalmie. Deux jours après, le 22 octobre, le M23 a assiégé les villes de Kiwanja et de Rutshuru-centre. C’est ainsi que Patrick Muyaya, le ministre congolais de la Communication et Médias et porte-parole du gouvernement, a indiqué avoir parlé à plusieurs journalistes bloqués dans ces zones qui ont manifesté des craintes pour leur survie.
« Sur une vingtaine de journalistes, on a réussi à (en) ramener sur Goma une douzaine », avait-il assuré.
Dans le cadre de ses missions d’évacuation, le gouvernement congolais a bénéficié du soutien de la MONUSCO. C’est ainsi que le 31 octobre, cette dernière avait permis à douze journalistes provenant de Kiwanja et Rutshuru de rejoindre la ville de Goma en hélicoptère.