Depuis le 23 février, la CENCO a publié un communiqué dénonçant les menaces de mort visant les swahiliphones vivant à Kinshasa. Cette alerte a été corroborée sur les réseaux sociaux par des images et des vidéos montrant des individus capturés et torturés en raison de l’utilisation de la langue swahili. Dans ce contexte, plusieurs pages Facebook ont attribué à l’ex-président de la RDC, Joseph Kabila, des propos selon lesquels il a condamné le régime de Félix Tshisekedi pour ne pas protéger les congolais pourchassés, agressés et tués en raison de leur expression en swahili. Attention, ces propos n’ont pas été tenus par Joseph Kabila, et ce compte Twitter en question n’appartient pas à l’ancien président, mais s’agit d’un compte parodique.
« Joseph KABILA : À Kinshasa, des Congolais sont pourchassés, agressés et tués simplement parce qu’ils parlent swahili. Pendant ce temps, le régime garde le silence, incapable de garantir la sécurité de tous. Les déclarations du Président honoraire via son compte X ( Twitter ). » lit-on ces propos relayés par la page “ Bana Kongo ”
Plusieus autres pages ont rapporté ces fausses declarations conférées à Joseph Kabila dont notamment la page “ B-Africa ”
La page “ Votre altesse Hervé ” et la page
Ainsi que la page“ Uva Platform Tv ”
En examinant les commentaires générés par cette publication, il se remarque que de nombreux internautes ont cru aux propos attribués à Joseph Kabila tout en lui proférant des injures. Parmi les réactions, on trouve celle de Fabrice Kimpanga, qui a déclaré : « Liboma, aucun swahiliphone n’est tué ici ou menacé. »
Modeste Mende a également ajouté : « Et les hommes politiques que tu frappais jusqu’à la mort chez toi à Kingakati, que devons-nous en dire ? »
Enfin, Jeff Hardi a rappelé : « S’il tient de tels propos, il oublie les 18 années durant lesquelles il a tué, pillé, volé des millions et massacré les Kasaiens. »
Propos émanant d’un compte parodique imitant Joseph Kabila Kabange
Dans sa première phase de recherche, Congo Check a analysé ce compte prétendant être celui de Joseph Kabila. Il a été constaté que le véritable compte de Joseph Kabila, créé le 25 février, a été suspendu le même jour, après avoir enregistré un nombre incroyable de 19 000 abonnés en moins de deux heures. Certains attribuent cette suspension à un signalement massif de détracteurs, tandis que d’autres pensent qu’elle est due à l’algorithme, en raison de la montée rapide des abonnés.
Barbara Nzimbi, conseillère en communication de l’ex-président congolais Joseph Kabila, a annoncé la suspension de son compte X, évoquant les effets de l’algorithme face à sa popularité incroyable.
En cherchant le compte nouvellement créé par Joseph Kabila, nous avons trouvé un message indiquant “compte suspendu.
Il est important de noter que le compte actif actuellement portant le nom de “Joseph Kabila Kabange” est en réalité un compte parodique, imitant Joseph Kabila. Ainsi, toutes les publications de ce compte ne représentent en rien l’ex-président de la RDC et sénateur à vie. Cela inclut les propos qui lui ont été attribués concernant la stigmatisation des swahiliphones à Kinshasa. Ce compte parodique a été créé en novembre 2023, alors que le compte suspendu de JKK est récent.
Deux jours après la suspension du compte de Joseph Kabila, Barbara Nzimbi a averti le public de ne pas se fier à ce compte parodique qui n’est qu’une imitation .
En approfondissant notre investigation, nous avons retrouvé une récente interview de Joseph Kabila accordée à la télévision nationale namibienne, dans laquelle il s’est exprimé sur la situation sécuritaire précaire dans l’Est de la RDC. Au cours de son discours, il n’a à aucun moment mentionné les prétendues menaces subies par les locuteurs du swahili à Kinshasa. Il a plutôt recommandé le retrait de l’armée étrangère en RDC, qu’il considère comme un pas vers la restauration de la paix dans l’Est. Il a également affirmé sa disponibilité à servir de nouveau le pays.
Il est donc crucial de ne pas se fier aux publications provenant de ce compte parodique de Joseph Kabila, car elles n’engagent pas le sénateur à vie et président de PPRD.