Une vague de publications virales sur Facebook et X affirme avec insistance que le président rwandais Paul Kagame aurait officiellement admis que son homologue honoraire, Joseph Kabila, se trouve désormais à la tête de la coalition rebelle Alliance Fleuve Congo (AFC/M23). En relayant massivement cette information sous le slogan « la boucle est bouclée », de nombreux internautes soutiennent qu’il n’y a plus de doute sur l’implication directe de l’ancien président congolais dans l’insurrection qui déstabilise l’Est de la République démocratique du Congo. Après une analyse minutieuse des récentes prises de parole du chef de l’État rwandais, Congo Check est en mesure d’affirmer qu’il s’agit d’une interprétation abusive de propos sortis de leur contexte exact.
Sur les réseaux sociaux, ces publications sont corollaires à une interview du président rwandais publiée sur Jeune Afrique. Interrogé par le journaliste François Soudan sur les accusations autour du soutien du Rwanda au M23, Kagame a répondu :
« L’AFC/M23 désigne un groupe élargi. J’ai également constaté que même l’ancien président du Congo, Kabila, en fait désormais partie ou y est associé d’une manière ou d’une autre. Je tiens à assurer que tous ceux qui souhaitent venir dans l’est du Congo, qu’ils soient originaires de cette région ou du Congo, et qui veulent participer à la lutte pour un Congo stable, seront les bienvenus. Il ne s’agit pas forcément de Kabila, mais nous parlons de Kabila ». Si ces propos marquent une rupture diplomatique nette, ils ne constituent en aucun cas une « confirmation » technique ou opérationnelle d’un commandement exercé par Joseph Kabila sur la milice.
Un correspondant de Jeune Afrique en RDC, qui a demandé de ne pas être cité pour des raisons sécuritaires liées à sa présence dans une zone sous influence gouvernement, a précisé le contexte de cette déclaration. « Ce n’est pas sa propre affirmation mais une allusion aux accusations de Kinshasa », a-t-il éclairé.
À Kinshasa, les autorités ont d’ailleurs rapidement dénoncé une manipulation visant à diviser l’opinion nationale, tandis que l’entourage de l’ancien président Kabila n’a donné suite à nos sollicitations.


