Sur Facebook, des publications affirment que la masturbation « réduit la durée de vie » ou « affaiblit progressivement l’organisme masculin ». Cette affirmation est fausse selon les connaissances scientifiques actuelles. En effet, aucune étude médicale reconnue n’a démontré une corrélation entre la masturbation et l’espérance de vie des hommes. Les spécialistes en santé sexuelle considèrent plutôt cette pratique comme normale lorsqu’elle n’est pas excessive.
Interrogé par Congo Check, des médecins ont contesté cette affirmation. « Si c’est le cas, il faut également dire que le rapport sexuel diminue la longévité. C’est totalement absurde », a expliqué Dr Dose, médecin généraliste à l’Hôpital Saint Joseph de Kinshasa. Pour sa part, Mathieu Mulunda a prévenu contre l’usage des lubrifiants toxiques. « Médicalement, la masturbation n’a pas des dangers évidents. Seulement, les produits utilisés comme lubrifiants peuvent être dangereux. Par exemple le savon dont la soude caustique est dangereuse pour la santé », a-t-il mis en garde.
Des explications qui rencontre l’avis du sexologue français Gilbert Bou Jaoudé expliquait au média médical français Allo Docteurs qu’il n’existe pas de danger particulier lié à une masturbation régulière. Les recherches disponibles ne montrent aucun lien entre masturbation et réduction de la longévité. Plusieurs organismes de santé rappellent également que les mythes associant la masturbation à une perte de force, à la folie ou à une mort précoce ne reposent sur aucune base scientifique (1, 2, 3…).
Des études évoquent même certains effets bénéfiques
Certaines recherches suggèrent qu’une fréquence régulière d’éjaculation pourrait être associée à une diminution du risque de cancer de la prostate. Une étude publiée dans la revue scientifique European Urology a observé que les hommes ayant des éjaculations fréquentes présentaient un risque plus faible de développer ce cancer. Les chercheurs précisent toutefois qu’il s’agit d’une association statistique et non d’une preuve absolue de protection.
L’idée selon laquelle la masturbation « épuise » l’homme remonte à plusieurs siècles. Dans certaines traditions, le sperme était considéré comme une « énergie vitale » que le corps ne devait pas perdre inutilement. Avant les progrès de la médecine moderne, plusieurs théories non scientifiques associaient ainsi la masturbation à l’affaiblissement physique ou mental. Ces croyances ont persisté malgré l’absence de preuves médicales.
Cependant, les professionnels de santé expliquent que la masturbation ne devient problématique que lorsqu’elle est compulsive et perturbe la vie quotidienne : fatigue liée au manque de sommeil, isolement social, dépendance à la pornographie ou blessures dues à des pratiques excessives. Dans ces situations, le problème vient du comportement excessif et non de la masturbation elle-même.


