Sur le réseau social Facebook, une publication est devenue virale depuis début février prétendant qu’au Burkina Faso, le gouvernement de la transition a adopté une loi qui condamne à 2 ans de prison et une amende de 3 millions FCFA toutes les influenceuses qui exposent leur corps sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont adressé des félicitations au Capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition du Burkina Faso.
Cependant, les vérifications menées par Congo Check prouvent qu’il s’agit d’une fausse rumeur et aucune loi ne prévoit cette sanction au Burkina Faso. Il faut tout de même préciser que des comportements portant atteinte à la pudeur publique sont passibles de sanction conformément au code pénal.
: « Deux ans de prison et une amende de 3 millions FCFA pour toute influenceuse qui expose son corps sur les réseaux sociaux au Burkina Faso.» Lit la légende de la page Facebook Afri4 Média ayant plus de 284 followers.
Depuis le 19 février, jour de la publication, ce post a recueilli plus de 458 likes, 68 commentaires et 41 partages.
Des internautes dupés
Amdy Moustapha Fall écrit: « On doit appliquer cette loi au Sénégal. », Nina Date : « Voici enfin un président, que Dieu bénisse ton mandat. » Lamine Keita : une décision salutaire » Kalilou Tirera : « Merci au président du Faso », Konate Abdoulaye : « Merci mille fois, Monsieur le Président. » Djiby Ngtouba : « Bonne gouvernance » David Garnier : « Bonne nouvelle »
Malik Towé a repris ce post.
Une fausse rumeur
Pour vérifier cette rumeur, nous avons contacté Rachid Assade ZONGO, journaliste media trainer et responsable à la production de la faîtière des radios privées au Burkina Faso (UNALFA), qui a qualifié ce post de fake : « C’est faux, et aucun média crédible n’en a parlé. »
Congo Check a également parcouru le site officiel de l’Assemblée nationale et n’a trouvé aucun communiqué dans ce sens.
Dans la suite de sa démarche, Congo Check a également constaté Ange Lévi, Jordan Meda, responsable du pôle éditoriale et coordonnateur des productions d’articles de fact-checking, au sein du média burkinabè de vérification des faits. Ce dernier a également réfuté ces allégations.« C’est une fake news. »
Poursuivant nos vérifications, nous sommes tombés sur un article traité en mars 2024 par Faso Check à propos du même sujet que celui en cours de vérification. Le média de vérification des faits du Burkina Faso avait joint Louis Modeste Ouédraogo, juriste et vice-président du Conseil supérieur de la communication, qui n’avait pas reconnu ce fait et avait précisé cependant que le code pénal de 2018, modifié en 2019, comporte plusieurs dispositions qui répriment certains comportements qualifiés d’atteinte à la pudeur publique.
C’est le cas de l’article 533-1 sur les attentats aux mœurs, qui stipule que « est puni d’une peine d’emprisonnement de trois mois à deux ans et d’une amende de deux cent cinquante mille (250 000) à deux millions (2 000 000) de francs CFA, quiconque commet un outrage public à la pudeur. », c’est-à-dire « toute exhibition sexuelle ou tout autre acte intentionnel contraire aux bonnes mœurs accompli publiquement ou dans un lieu privé accessible aux regards du public, susceptible d’offenser la pudeur et le sentiment moral des personnes qui en sont les témoins involontaires. », avait-il précisé.
Après cette démarche de vérification, Congo Check a conclu que les rumeurs prétendant qu’au Burkina le gouvernement de la transition a adopté une loi qui condamne à deux ans de prison et une amende de trois millions FCFA toutes les influenceuses qui exposent leur corps sur les réseaux sociaux au Burkina sont fausses.