Quelques jours après la récupération de 600 titres fonciers par le gouvernement congolais via le Cadastre minier (CAMI), des publications sur Facebook ont relié cette opération avec le nom de l’ancien président Joseph Kabila. Ces contenus prétendent que l’ex-chef de l’État aurait laissé une partie considérable des richesses nationales entre des mains étrangères. Selon ces publications, les titres récupérés auraient appartenu entre autres à Olusegun Obasanjo, Jacob Zuma, Alpha Condé et Paul Kagame. Congo Check a pu établir que ces affirmations sont infondées.
Sur Facebook, ces contenus ont été largement partagés, nourrissant les rumeurs sur le rôle de Joseph Kabila, déjà poursuivi et qui est actuellement jugé pour haute trahison. Pourtant, CAMI a expliqué que ce retrait n’avait « aucun lien » avec les politiques.
« Les causes du retrait ne sont pas compliquées », a expliqué Popol Mabolia, DG du CAMI, citant trois causes principalement : non-paiement des droits superficiels, expiration des titres, non-début des travaux. Le responsable de cette structure dépendant du ministère des Mines a ainsi sur le fait que ces titres retirés « ont été attribués de manière légale ».
« Ça ne se fait pas de manière désordonnée. Évitez de caricaturer le Congo comme un pays où il y a des politiques qui font n’importe quoi », a-t-il ajouté.
Au total, plus de 31.000 km2 de territoire minier ont été récupérés suite à une opération « d’assainissement du fichier cadastral » menée afin de « nettoyer, mettre à jour et sécuriser le domaine minier national ». Selon le rapport consulté par Congo Check, 594 titres miniers et de carrières ont été repris par l’État, représentant 37.253 carrés miniers, soit 31.648 km², et
210 droits miniers en situation prolongée de force majeure ont été régularisés, représentant 18.709 carrés miniers.
Les tentatives de Congo Check pour avoir un commentaire de l’entourage de Joseph Kabila n’ont pas abouti. En RDC, aucun média n’a rapporté ces liens entre les titres récupérés et Joseph Kabila. Certains comptes ayant repris cette désinformation l’ont retirée après avoir été approchés par les équipes de Congo Check pour en savoir plus.


