A la suite de la décision de la Confédération africaine de football (CAF) de déclarer le Maroc champion d’Afrique 2025 au détriment du Sénégal, des publications virales sur les réseaux sociaux affirment que cette situation serait comparable à l’édition 1976. Ces contenus suggèrent que le Maroc avait abandonné le terrain juste après le but de la Guinée avant de recevoir son sacre.
« En d’autres termes, le Maroc n’a jamais gagné de finale de Coupe d’Afrique.
Contrairement aux joueurs marocains qui avaient tous regagné le vestiaire après le but Guinéen, Sadio Mané et Édouard Mendy étaient restés sur la pelouse. Logique pour logique, si la CAF offre la Can 2026 au Maroc sur tapis vert, elle doit en faire de même pour la Guinée en ce qui concerne la CAN 76 », lit-on sur une de ces publications.
Ces affirmations s’appuient notamment sur un document présenté comme un « communiqué officiel » de la CAF. Après vérification, ce document est faux et les publications reposent sur une interprétation erronée des faits historiques.
Les données recueillies par Congo Check (ici et là) établissent que la Coupe d’Afrique des nations 1976 s’est déroulée selon un format particulier, sans finale à élimination directe. Les quatre meilleures équipes (le Maroc, la Guinée, l’Égypte et le Nigeria) étaient regroupées dans une poule finale. Le classement final déterminait le champion. Lors du dernier match, le Maroc et la Guinée ont fait match nul (1-1), un résultat suffisant pour permettre au Maroc de terminer en tête et de remporter officiellement le tournoi. Ce sacre est reconnu par toutes les archives officielles du football africain et international. Cependant, le Maroc n’a jamais quitté le terrain lors de cette rencontre.
Chérif Souleymane, ancien ballon d’or africain et auteur du but guinéen lors de cette rencontre du 14 mars 1976 a coupé au pied de la rumeur. « Ce n’est pas vrai ! », a-t-il réagi, expliquant que le match s’est déroulé sans « aucun incident ». De son côté, la Fédération Guinéenne de Football a rappelé que le Maroc a été « régulièrement sacré champion d’Afrique » en 1976, affirmant n’avoir engagé « aucune procédure » pour contester le résultat et qualifiant les informations diffusées en ligne « d’inexactes et sans base officielle ».
Aussi, le document partagé pour appuyer cette thèse présente de nombreuses incohérences. Il évoque notamment une « finale » de la CAN 1976, alors que cette édition ne comportait pas de finale, mais une poule finale. Cette erreur fondamentale remet en cause la crédibilité du document.
Une autre anomalie concerne son signataire. Le texte est attribué à Ydnekatchew Tessema en qualité de « Secrétaire général ». Or, à la date mentionnée, c’est à dire mars 1976, ce dernier était président de la CAF et non secrétaire général. Une telle erreur sur la fonction du signataire est incompatible avec un document officiel. Par ailleurs, aucune archive de la CAF, de la FIFA ou de sources historiques fiables ne mentionne une décision retirant le titre au Maroc pour l’attribuer à la Guinée. Le silence total des sources crédibles constitue un indicateur supplémentaire du caractère apocryphe de ce document.


