Depuis fin mars 2026, des publications virales sur Facebook et WhatsApp affirment que l’ancien président Joseph Kabila aurait « fait tomber le masque » en dévoilant son intention de diviser la République démocratique du Congo en deux parties, sur le modèle du Soudan (Soudan du Nord et Soudan du Sud). Ces messages, souvent accompagnés d’attaques personnelles sur son identité, soutiennent que l’ancien chef de l’État milite activement pour ce projet de partition. Congo Check a examiné les faits et découvert qu’il s’agit d’une interprétation malveillante et d’une déformation de propos tenus lors d’un entretien récent.
L’origine de cette confusion provient d’un entretien exclusif accordé par Joseph Kabila à La Libre Belgique le 20 mars et diffusé le 23 mars 2026, au cours duquel il a vivement critiqué la gouvernance actuelle. Contrairement à ce que prétendent les publications virales, Joseph Kabila n’a pas proposé la « soudanisation » comme un souhait ou un projet, mais l’a évoquée comme un risque majeur découlant, selon lui, de l’instabilité actuelle et de l’incapacité du pouvoir en place à sécuriser l’ensemble du territoire. Dans ses propos originaux, il mettait en garde contre le danger de voir le pays se fracturer si un dialogue national n’était pas instauré pour mettre fin aux conflits, notamment dans l’Est.
« Beaucoup évoquent la balkanisation, moi je parle de la “soudanisation” de la crise en RDC. Il y a des points communs entre ce que traverse notre pays et ce qui a amené l’implosion du Soudan », a-t-il déclaré. Ensuite, Kabila a estimé qu’il est toutefois improbable de voir la RDC être scindée entre l’Est et l’Ouest. « Je ne pense pas [qu’il peut y avoir de scission du pays], mais il faut bien reconnaître que les ingrédients sont en place. Et si on ne gère pas bien la crise, on risque d’avoir des situations qui sont tout à fait incontrôlables », a-t-il averti.
Cette manipulation de langage sur les réseaux sociaux à renforcer les accusations de « trahison » portées contre lui, alors même qu’il a été condamné par contumace en 2025 pour son soutien présumé aux rebelles de l’AFC/M23, des accusations qu’il continue de rejeter par le biais de ses avocats et de sa famille politique.


