Le 31 juillet, une vidéo montrant des scènes de protestation est devenue virale sur les réseaux sociaux alors qu’elle a été présentée comme une manifestation contre Bertin Mudimu, Directeur général sortant du Fonds pour la promotion de l’industrie (FPI). Selon les légendes colées à cette séquence, ce dernier et ses collaborateurs auraient été humiliés par le personnel. Congo Check a pu établir que la vidéo n’a aucun lien avec le FPI.
Le contenu a notamment été postée sur la page de la journaliste Magic Wawina. Cette dernière a avoué s’être trompée mais n’a pas pour autant retiré la vidéo, encore visible sur sa page à la rédaction de cet article.
Pour contextualiser le contenu, Congo Check a analysé la séquence pour déceler des indices pour amorcer une vérification après que les outils de recherche d’images inversées n’ont rien donné. Cette analyse visuelle de la vidéo a notamment permis de remarquer la plaque d’immatriculation du véhicule présenté comme celui du DG du FPI mais qui porte l’inscription « A.En ». Ce sigle renvoie à l’administration du ministère de l’Environnement.
Autre détail, les équipes de Congo Check ont pu identifier l’immeuble « place Royal » dans la vidéo. Avec ces deux éléments, nos équipes sont descendues sur le terrain et n’ont trouvé aucun bureau du FPI dans le bâtiment. Sur les lieux, Congo Check a trouvé plusieurs autres véhicules avec le même type de plaques d’immatriculation. Interrogé, un gardien a expliqué que ces véhicules appartiennent à l’Agence congolaise de l’environnement dont les bureaux sont installés sur place.
Marcel Mulumba, un habitué des lieux que nous avons interrogé pour authentifier la vidéo, a reconnu la séquence, filmée lors du départ du DG de l’ACE, Delphin Lama Onyangunga, alors suspendu en février dernier.
« J’étais présent lors de cette manifestation, les agents et cadres de l’entreprise réclamaient quatorze mois de salaires, ainsi que les colis de fin d’année qu’ils n’avaient pas reçu », a-t-il répondu, datant la scène à début mars.
Congo Check a également retrouvé d’autres images filmées sur les mêmes lieux, montrant des scènes similaires mais datant de 2024. Contacté, le FPI a, pour sa part, rejeté ces allégations. « Le FPI ne dispose d’aucun bureau dans le bâtiment où cette vidéo a été réalisée », a répondu le service de communication de cet établissement public.


