Depuis quelques jours, une photo montrant deux jeunes hommes installés en plein milieu d’une route goudronnée, entre deux voies de circulation, circule sur Facebook. L’un s’affaire à repasser des vêtements à l’aide d’un fer, tandis que l’autre cire soigneusement des chaussures, comme s’ils se trouvaient dans un cadre ordinaire de travail. Le cliché présenté comme authentique et documentant une scène réelle a suscité une vraie polémique avec des commentaires rappelant les risques encourus. Pourtant, la scène n’est pas réelle.
Pour remonter à l’origine de ce cliché, Congo Check a effectué une recherche d’images inversées pour découvrir que les images proviennent en réalité d’un contenu publicitaire lié à une église, diffusé sous forme de reel sur les réseaux sociaux. La scène est donc mise en scène à des fins de communication, et non le reflet d’une activité spontanée ou d’une pratique réelle en pleine circulation.
Plusieurs indices permettent de le confirmer. D’une part, le caractère improbable de l’action correspond davantage à une mise en scène qu’à une activité économique viable. D’autre part, le format de diffusion (reel) et le style visuel s’inscrivent dans les codes des contenus promotionnels ou scénarisés, souvent utilisés pour capter l’attention du public.
Contacté, le département de communication de l’église Centre de la vie de Dieu (ZOÉ) a clarifié la situation : « nous sommes étonnés de voir l’intérêt autour de cette communication. C’est la preuve qu’on a réussi le coup marketing. Mais rassurer vous, il n’y a rien de réel, c’est une mise en scène ».
Sur Internet, présenter un contenu scénarisé comme une réalité peut contribuer à déformer la perception sociale, en donnant une image exagérée ou erronée des conditions de vie ou des comportements dans une ville comme Kinshasa. À terme, cela peut alimenter des stéréotypes, influencer l’opinion publique et décrédibiliser de véritables problématiques sociales. Le danger est également pratique. Des contenus mis en scène dans des environnements dangereux comme une chaussée en circulation peuvent être interprétés comme des pratiques réelles ou imitables. Sans le contexte, certains pourraient banaliser ces comportements ou être incités à les reproduire, avec des risques évidents pour leur sécurité.


