Le 25 décembre 2025, un post sur Facebook montre une photo sur laquelle sont visibles deux véhicules de la marque Land Cruiser 4×4 de Toyota, incendiés. Elle est accompagnée d’une légende selon laquelle cet incident était survenu fait dans le village de Rumangabo en territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
La publication prétend que l’attaque a eu lieu dans une zone de forte tension sécuritaire et que le décès n’a pas été enregistré. Un autre contenu sur la page dénommée Afroinfo 243 illustre une vidéo d’un convoi d’une dizaine de camions avec la même légende. Mais, elle n’est pas également authentique. Elle présente des incohérences qui font d’elle une image pas authentique.
Avis des internautes
Les équipes de Congo Check ont évalué l’impact de la publication sur les internautes. Elles ont parcouru les réactions surr ces publications. Les followers sont intéressés. Certains d’entre eux ont cru que la publication est réelle pendant que d’autres ont émis des doutes. L’internaute Canon Amoureux a laissé ces mots dans la partie réservée pour les commentaires : “Un fois dans l’histoire. Les clochards ont réussi à briller”. Germain Mbibi dit pour sa part “bonne nouvelle la victoire est certain courage nos compatriotes Dieu est de notre côté- tandis qu’Apollinaire Cirimwami dit -Courage aux patriotes wazalendos si ça paraît vrai.”
Des contenus sortis du contexte
La photo prétendant montrer l’attaque contre le convoi de l’Alliance Fleuve Congo a été capturée sur le sol de la province du Nord-Kivu bien-sûr, mais pas dans le village de Rumangabo. Avec une recherche approfondie, Congo Check est entré en contact avec le photographe qui avait capturé cette image. Glody Mumbere, journaliste basé dans la ville de Butembo avait capturé cette photo. Il y était pour recueillir les informations après l’incident témoigne-t-il. “Ces images ont été prises à Kivunano, dans le quartier Ngingi dans la commune de Mususa en ville de Butembo. C’était en 2024, précisément le 30 juin. Il s’agissait de cinq jeeps et sept motos qui portaient la mention Tearfund, qui avait été incendiées. J’étais présent sur le lieu du drame en tant que journaliste le lendemain pour une couverture au compte de la radio Moto Butembo-Beni, où je travaillais à l’époque. Le convoi fuyait l’avancée du M23 pour se mettre à l’abri vers le territoire de Lubero” déclare-t-il.
Congo Check a utilisé l’application de recherche d’images inversées. Elle a conduit vers des textes qui ne datent pas de 2025. Moto TV avait produit un texte qui donnait des détails sur la photo. En réalité, elle a été prise le 30 juin. Il s’agit d’un convoi de l’organisation humanitaire Tearfund qui avait été attaqué dans un trajet entre le territoire de Lubero et la ville de Butembo au Nord-Kivu. Un élément qui contredit directement le contexte qui attribue cette photo à l’année 2025 comme il est également confirmé ici.
En approfondissant la recherche, nos équipes ont trouvé la même photo dans un article publié le 1er juillet 2024. Elle parle d’une attaque contre l’ONG Tearfund qui a avait causé des tueries de membres du personnel humanitaire et l’incendie de leurs véhicules. “Deux travailleurs humanitaires sont décédés à la suite des attaques qui seraient perpétrés par des jeunes improvisés patrouilleurs, dans la nuit du dimanche 30 juin au lundi 1er juillet 2024, au village Kavunano (Lubero), contre un convoi humanitaire qui quittait Lubero pour Beni transitant par Butembo” a-t-on lu.
Le coordonnateur national chargé des affaires humanitaires en République démocratique du Congo (RDC), Bruno Lemarquis, avait condamné cette attaque du convoi humanitaire en ces mots :“à un moment où les besoins humanitaires sont immenses, il est inacceptable que ceux qui s’efforcent d’aider les personnes affectées soient attaqués et tués”.
Cette vidéo qui prétend illustrer plusieurs camions en renfort, portant la légende selon laquelle ils sont tombés dans une embuscade présente beaucoup d’incohérences. C’est une photo utilisée pour accompagner une voix qui prétend fournir des informations vraies. En observant profondément le contenu, un autre détail de marque est soulevé. Il y a du flou autour de cette ligne de ce prétendu convoi. L’image n’est pas authentique concluent nos recherches.


