AprĂšs quâun Sukhoi-25 congolais ait Ă©tĂ© la cible dâun tir de l’armĂ©e rwandaise au mois de janvier dernier, plusieurs internautes congolais se sont indignĂ©s de cette attaque contre un aĂ©ronef de lâarmĂ©e Congolaise, car selon eux, les aĂ©ronefs civils rwandais, Ă lâinstar de Rwandair, violent lâespace aĂ©rien congolais en le traversant sans que lâarmĂ©e congolaise ne rĂ©agisse. Une confusion que Congo Check a dĂ©busquĂ© aprĂšs les vĂ©rifications menĂ©es en lien avec les conventions relatives Ă lâaviation civile internationale concluent Ă Chicago le 07 dĂ©cembre 1944 Ă ses diffĂ©rents articles.
âKivu mise Ă jourâ est une page Facebook qui annonce ce qui suit : « Ils (les avions civils rwandais, ndlr) passent chez nous tranquillement pour aller Ă Brazzaville et Lagos au Nigeria. Si la RDC se mettait Ă tirer sur tous les avions rwandais qui violent son espace aĂ©rien, du fait de la situation gĂ©ographique du Rwanda, ils ne pourront presque plus faire voler dâavion. Ce que Kagame vient de commencer est une aventure qui aura raison de son rĂ©gime! ».
Câest au-delĂ de 70 internautes qui ont rĂ©agi Ă cette nouvelle. Et beaucoup regrettent lâinaction du gouvernement congolais. Junior Mbakumwiki pense que la RDC a « un pouvoir impuissant et il nây aura jamais de rĂ©ciprocitĂ© ». Daniel Olamire appuie lâauteur de la publication en insistant sur le fait que « Kagame devrait faire un choix intelligent entre son peuple et les congolais ».
Ce que disent les conventions internationales sur lâaviation civile
GrĂące Ă ses vĂ©rifications et recherches, Congo Check est parvenu Ă lever la confusion. En rĂ©alitĂ©, aucun aĂ©ronef civil rwandais ne viole lâespace aĂ©rien congolais. Ceci parce que la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo et le Rwanda sont tous signataires des Conventions relatives Ă lâaviation civile internationale conclue Ă Chicago le 07 dĂ©cembre 1944. Ces deux Ătats sont aussi membres de lâOACI (Organisation de lâAviation Civile Internationale).
Et, dans ces conventions, il est dit ce qui suit Ă son articles 22 portant sur la simplification des formalitĂ©s : «Chaque Etat contractant convient dâadopter, par la promulgation de rĂšglements spĂ©ciaux ou de toute autre maniĂšre, toutes mesures en son pouvoir pour faciliter et accĂ©lĂ©rer la navigation par aĂ©ronef entre les territoires des Etats contractants et Ă©viter de retarder sans nĂ©cessitĂ© les aĂ©ronefs, Ă©quipages, passagers et cargaisons, particuliĂšrement dans lâapplication des lois relatives Ă lâimmigration, Ă la santĂ©, Ă la douane et au congĂ© ».
Lâarticle 4 alinĂ©a prĂ©cise ceci : « a) Les Etats contractants reconnaissent que chaque Etat doit sâabstenir de recourir Ă lâemploi des armes contre les aĂ©ronefs civils en vol et quâen cas dâinterception, la vie des personnes se trouvant Ă bord des aĂ©ronefs et la sĂ©curitĂ© des aĂ©ronefs ne doivent pas ĂȘtre mises en danger. Cette disposition ne saurait ĂȘtre interprĂ©tĂ©e comme modifiant de quelque maniĂšre que ce soit les droits et obligations des Etats en vertu de la Charte des Nations Unies ».
Ces lois ne sâappliquent que pour les aĂ©ronefs civils et non militaires.
Les compagnies aériennes rwandaises exposées
De ce fait, dire que les avions civils rwandais violent lâespace aĂ©rien congolais est totalement faux. Cela pourrait affecter dâailleurs leur clientĂšle en RDC, surtout durant cette pĂ©riode oĂč le Rwanda est tenu pour responsable des exactions qui se passent dans lâEst du Congo.


