Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a annoncé le lancement immédiat d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans la ville d’Uvira et ses environs. Cette décision fait suite au retrait forcé de l’AFC/M23 de cette zone stratégique de la province du Sud-Kivu.

Un retour à l’ordre après le chaos
Le plan gouvernemental intègre des mesures coordonnées sur trois fronts majeurs : sécuritaire, judiciaire et humanitaire. L’objectif affiché est de rétablir durablement la sécurité, de protéger les populations civiles et de favoriser une stabilisation sociale rapide après une période d’occupation marquée par des exactions attribuées à l’AFC/M23.
Le Gouvernement dénonce fermement le bilan laissé par les forces occupantes avant leur départ :
- Pillages systématiques et vols à grande échelle.
- Instauration d’un désordre prémédité pour maintenir un climat d’insécurité.
- Actions de stigmatisation communautaire visant à briser la cohésion sociale locale.
Un retrait jugé “sans bonne foi”
Malgré ce développement positif pour la ville d’Uvira, Kinshasa reste extrêmement prudent. Le communiqué précise que ce retrait ne doit pas être interprété comme une volonté sincère d’apaisement de la part de l’AFC/M23.
« Ce retrait ne saurait être considéré comme la fin de l’agression, ni comme une modification substantielle de la situation sécuritaire générale », souligne le texte officiel.
Le Gouvernement réaffirme que la seule issue acceptable reste le départ total, effectif et sans condition de toutes les forces de l’AFC/M23 de l’ensemble du territoire congolais, conformément à la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies et aux engagements de l’accord de Washington du 27 juin 2025.
Focus sur la communauté Banyamulenge : le refus de servir d’alibi
Un point saillant du communiqué concerne la dénonciation de la déportation de civils. Le Gouvernement accuse l’AFC/M23 d’avoir forcé certains membres de la communauté Banyamulenge à quitter Uvira pour justifier leur présence sous prétexte de protection.
Kinshasa a tenu à saluer officiellement « le courage et la responsabilité » de cette communauté qui a refusé de servir d’alibi à l’AFC/M23 dans sa stratégie d’occupation.
Appel à la vigilance nationale
Alors que les Forces Armées (FARDC) et la Police Nationale (PNC) réintègrent progressivement la ville pour sécuriser les biens et les personnes, le Gouvernement appelle la population au calme et à la retenue. Il invite chaque citoyen à ne pas céder à la manipulation ou aux discours de haine qui pourraient servir les intérêts de l’ennemi.
Le communiqué conclut en réitérant la mobilisation totale du pouvoir central pour assurer l’intégrité territoriale et la préservation de l’ordre public sur toute l’étendue de la République.


