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Un document d’une audition parlementaire sur l’accord de Washington faussement présenté comme une pression contre le Rwanda

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Sur les réseaux sociaux notamment Facebook, WhatsApp et Twitter circule un document du comité des affaires étrangères du congrès américain sur l’audition en lien avec le progrès du processus de paix en RDC et au Rwanda grâce aux accords de Washington signé sous l’égide du président président Donald Trump. Des internautes présentent cette note comme étant la preuve d’une pression américaine contre le Rwanda de Paul Kagame, qu’ils indexent de n’avoir pas respecté lesdits accords. Congo Check qui a accédé à la note originale atteste qu’il ne s’agit pas d’une pression plutôt d’une convocation d’une séance parlementaire au sous-comité Afrique (Comité des affaires étrangères) du congrès américain en vue de discuter des progrès réalisés dans le cadre des accords de Washington. 

“Diplomatie, Kagame sous pression au congrès américain ! Le sous-comité Afrique de la chambre des représentants des États-Unis va examiner les accords de Washington RDC–Rwanda, notamment le respect de Kigali et la reprise des violences à l’Est du Congo. Des sanctions ou mesures coercitives sont possibles si le Rwanda est reconnu en violation. Un signal diplomatique fort pour la RDC” précisent ces publications qui annexent la note de convocation de la séance.

Plusieurs internautes restent sceptiques quant à la démarche de l'auteur, d'autres préférant la prudence face à cette annonce: "Donc la RDC est devenue une colonie américaine comme le Groenland qui sera acheté par Trump ? " s'indigne Pasi PK sur un ton moqueur. "On en est encore là ? On devrait déjà voir des sanctions en action !" suggère Dan Wa Nzambi. "Oyo nioso eza -ndlr- tout ça c'est- de la comédie, les États-Unis ont bombardé les positions de Boko Haram sans faire des déclarations, réunions. Ils y ont envoyé les matériels de guerre mais chez nous juste des déclarations, réunions improductives" note un autre internaute.

Une information vraie mais dénaturée et exagérée

Sur les posts partagés sur les réseaux sociaux congolais, la programmation de cette séance parlementaire a été dénaturée et exagérée par des sympathisants du parti au pouvoir pour des raisons d’une prétendue performance politique et diplomatique du gouvernement congolais. 

À titre d’exemple, dans leurs publications, ces internautes rajoutent des lignes sur l’ordre du jour. Pendant que ce dernier comporte un seul sujet intitulé “Faire progresser la paix en RDC et au Rwanda grâce aux accords de Washington du président Trump”, les textes partagés par ces profils et comptes sur les réseaux sociaux mentionent des sujets supplémentaires au menu de cette séance. Il s’agit notamment de: 

•Respect des engagements par le Rwanda

•Escalade à l’Est et crimes du M23

Ces deux points ne figurent nulle part sur le site internet du comité des affaires étrangères ou du sous-comité Afrique du Congrès américain, qui organisent cette audition prévue le 22 janvier prochain à 14 heures dans la salle 2172 du Rayburn House Office Building. Vous pouvez personnellement consulter cette note via le site internet ci-joint et le document est annexé sous ce paragraphe pour exploitation. 

La séance sera également diffusée en direct sur le lien YouTube suivant.

« À quelques jours de l’audition décisive du 22 janvier 2026 au Congrès américain, le Rwanda se retrouve face à ses propres contradictions. La sous-commission Afrique de la Chambre des représentants examinera les Accords de Washington, précisément pour une raison : Kigali a violé l’accord immédiatement après sa signature par une reprise d’attaques armées dans l’est de la RDC. Ces faits ont été formellement dénoncés par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, qui a parlé sans détour de violations flagrantes et a averti que les États-Unis prendront des mesures coercitives pour garantir le respect des engagements pris. Ces mots constituent un avertissement officiel, désormais inscrit dans le cadre institutionnel américain. Ce contexte éclaire parfaitement les événements récents. La veille même de cette montée en pression américaine, le supplétif de Kigali, le M23, s’est livré à une nouvelle agitation médiatique en annonçant, à deux reprises, un pseudo-retrait imaginaire, à l’approche de l’examen parlementaire américain. L’audition du 22 janvier ne sera donc pas une discussion académique. Elle portera sur :

  • Le non-respect des Accords de Washington par le Rwanda ;
  • L’escalade des violences dans l’est de la RDC après l’accord ;
  • Le rôle direct et indirect de Kigali dans les crimes du M23. À ce stade, l’équation est claire : Kagame n’obéit jamais aux engagements diplomatiques, il n’obéit qu’au rapport de force. C’est précisément pour cela que l’option des sanctions est désormais au centre des discussions à Washington. Celles-ci peuvent inclure :
  • des sanctions ciblées contre les décideurs rwandais ;
  • des restrictions de visas et gels d’avoirs ;
  • la réduction ou suspension de l’assistance sécuritaire ;
  • une surveillance renforcée et un mécanisme d’exécution contraignant des accords.

Le timing est implacable. L’agitation du M23, les violations répétées sur le terrain et l’audition du Congrès s’inscrivent dans une même séquence » détaille dans un long tweet le compte Jeannette Zola.

“Invitée à assister à l’audience du 22 janvier du Congrès américain sur l’Afrique : Accord de paix de Washington, soumission d’une lettre officielle de la RDC sur la question, racontant les faits remis à Donald Trump : le Rwanda doit quitter la RDC ! Suivez en direct en ligne” déclare sur son compte X Kapinga Ngandu, ambassadrice de la RDC aux États-Unis d’Amérique.

La commission des affaires étrangères de la Chambre est chargée de la surveillance et de la législation concernant :

  • Aide étrangère – y compris l’aide au développement, Millennium Challenge Corporation, le Millennium Challenge Account, le VIH/sida dans les pays étrangers, l’aide à la sécurité et les programmes Public Law 480 à l’étranger
  • Évolution de la sécurité nationale affectant la politique étrangère
  • Planification stratégique et accords
  • Pouvoirs de guerre, traités, accords exécutifs, et le déploiement et l’utilisation des forces armées des États-Unis
  • Maintien de la paix, application de la paix et application des sanctions des Nations Unies ou d’autres sanctions internationales
  • Contrôle des armements et questions de désarmement
  • Société internationale de financement du développement, Agence des États-Unis pour le développement international
  • Activités et politiques des ministères de l’État, du Commerce et de la Défense et d’autres organismes liés à la Loi sur le contrôle des exportations d’armes et à la Loi sur l’aide étrangère, y compris la politique d’exportation et d’octroi de licences pour les articles et la technologie des munitions et les équipements et technologies à double usage
  • Droit international
  • Promotion de la démocratie
  • Problèmes liés à l’application de la loi internationale, y compris les programmes et activités de lutte contre les stupéfiants
  • Histoire internationale du cyberespace
  • Agence américaine pour les médias mondiaux
  • Sécurité de l’ambassade ; radiodiffusion internationale
  • La diplomatie publique, y compris la politique internationale en matière de communication et d’information, et les programmes internationaux d’éducation et d’échange ; et toutes les autres questions qui ne sont pas spécifiquement attribuées à un sous-comité.
  • La Loi sur l’administration des exportations, y compris l’exportation et l’octroi de licences pour le matériel et la technologie à double usage et d’autres questions liées à la politique économique internationale et au commerce qui ne sont pas autrement attribuées à un sous-comité, et en ce qui concerne les Nations Unies, ses organismes affiliés et d’autres organisations internationales, y compris les contributions évaluées et volontaires à ces organisations.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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