Le 19 décembre 2025, lors de sa visite officielle à Kinshasa, Maxime Prévot, Vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères, a effectivement déclaré : « La Belgique est sensible au drame qui se déroule dans l’Est de la RDC ». Ces propos s’inscrivent dans un contexte de vive tension régionale et marquent un tournant historique dans les relations entre la Belgique, son ancienne colonie et le Rwanda.
Voici une analyse complète de la situation, des interventions belges et de la crise diplomatique sans précédent entre Bruxelles et Kigali.
L’Est de la République Démocratique du Congo traverse l’une des phases les plus tragiques de son histoire. Depuis la chute de Goma en janvier 2025, puis l’entrée des rebelles dans Bukavu le 16 février 2025, la région est plongée dans un chaos sécuritaire et humanitaire que la diplomatie internationale peine à contenir.
Bukavu : Une ville sous le joug de l’occupation
Contrairement aux premiers espoirs de retrait, les forces de l’AFC/M23 maintiennent leur présence dans des points stratégiques de Bukavu et ses environs (notamment l’aéroport de Kavumu).
- Résistance et souffrance : La population vit dans un climat de terreur. Le gouvernement congolais a officiellement qualifié la ville de « symbole de résistance » face à ce qu’il nomme une invasion rwandaise.
- Pillage humanitaire : En février 2025, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a condamné le pillage de milliers de tonnes de vivres dans ses entrepôts de Bukavu, aggravant une crise de faim déjà aiguë.
Maxime Prévot : La voix de la fermeté belge

Depuis sa nomination comme Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot a radicalisé la position de la Belgique, ancienne puissance tutélaire, en faveur de Kinshasa.
Ses interventions marquantes :
- Février 2025 : Il est le premier leader européen à réclamer ouvertement des sanctions internationales contre le Rwanda pour son soutien prouvé au M23.
- Décembre 2025 : Lors de sa visite à Kinshasa, il a affirmé que « la Belgique est sensible au drame » et que la paix durable passe par un dialogue politique interne et le respect strict de l’intégrité territoriale de la RDC.
- Janvier 2026 (Davos) : Il a dénoncé le M23 comme un groupe agissant comme un « État dans l’État » et a exhorté la communauté internationale à ne pas oublier le Congo au profit d’autres crises mondiales.
La rupture diplomatique Bruxelles-Kigali (Mars 2025)
Le soutien affiché de la Belgique à la RDC a provoqué une crise sans précédent avec le Rwanda. Le 17 mars 2025, le gouvernement de Paul Kagame a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique.
- Conséquences : Expulsion des diplomates belges de Kigali et suspension de tous les accords de coopération. Le Rwanda accuse la Belgique de « partialité historique » et de complaisance envers les FDLR.
- Le “Washington Deal” (Juin 2025) : Malgré une tentative de médiation américaine à Washington en juin 2025 pour apaiser les tensions entre Kigali et Kinshasa, la situation sur le terrain n’a pas évolué, le Rwanda maintenant ses positions sécuritaires à la frontière.
Bilan humanitaire et géopolitique
En ce mois de janvier 2026, les chiffres sont vertigineux : plus de 7 millions de déplacés et une économie minière (notamment le coltan à Rubaya) désormais sous contrôle rebelle, finançant directement l’effort de guerre.
Sources et médias consultés :
- Radio Okapi : Occupation de Bukavu par l’armée rwandaise et le M23 confirmée par le Gouvernement (16/02/2025).
- The Guardian : Rwanda-backed M23 rebels capture eastern DRC’s second-largest city (17/02/2025).
- Congo Quotidien : Maxime Prévot à Kinshasa : La paix à l’Est conditionnée au dialogue politique (19/12/2025).
- UN News : DR Congo crisis: WFP condemns looting in Bukavu after M23 rebels take key city (17/02/2025).
- Le Monde : Analyse sur la rupture diplomatique entre Kigali et Bruxelles (Mars 2025).


