Sur Internet, des publications virales affirment que la République démocratique du Congo aurait franchi un cap scientifique en produisant désormais des véhicules et des motos électriques. Ces publications font allusion à la marque « Okapi », déjà connue pour ses smartphones.
« Première voiture et moto électriques made in Congo », lit-on sur ces publications. Mais en réalité, cette affirmation est trompeuse, bien qu’elle repose en partie sur des éléments réels.
Pour vérifier l’affirmation, Congo Check a mené des recherches autour de la marque OKAPI. Les résultats ont établi que le projet existe est porté par Jean Mongu Bele, un professeur d’origine congolaise basé aux États-Unis.
Cependant, les informations disponibles concernant les motos et voitures électriques associées à cette marque ne permettent pas d’affirmer qu’il s’agit de véhicules fabriqués au Congo au sens industriel du terme. Les recherches de Congo Check ont établi en effet que l’entreprise projette de lancer bientôt une usine d’assemblage à Kinshasa, sur financement de Fonds de promotion de l’industrie (FPI). « Au-delà de l’assemblage électronique, Okapi prévoit de développer à terme la production de batteries électriques, la transformation de l’énergie solaire ainsi que la fabrication de véhicules électriques, inscrivant pleinement son action dans la dynamique de transition écologique et d’innovation industrielle » a explique le FPI.
Mais à ce jour, l’unique usine d’Okapi est situé au 1 Broadway, Cambridge, dans le Massachussetts aux États-Unis. Congo Check a tenté de contacté l’entreprise pour un commentaire, mais nos tentatives n’ont pas abouties. Nous nous sommes finalement tournés vers le média Ouragan qui assure une partie de la communication d’Okapi à Kinshasa. Chrioni Kibungu a affirmé qu’un « lot important » de ces véhicules et motos arrive bientôt à Kinshasa. Un éclaircissement qui suffit à confirmer que ces engins ne sont pas fabriqués en RDC.
L’utilisation de l’expression « made in Congo » dans ce contexte est donc trompeuse, car elle suggère l’existence d’une chaîne de production locale complète, ce qui n’est pas démontré à ce jour.


