Une grille tarifaire des billets de la Coupe du monde 2026 circule sur les réseaux sociaux, notamment sur Facebook. On y voit une liste de prix présentés comme “officiels”, allant de 100 USD pour un match de groupes jusqu’à plus de 6 300 USD pour la finale. Selon ces publications, chaque étape du tournoi disposerait de tarifs fixes et déjà établis. Mais après vérification, certains de ces prix sont exagérés, d’autres présentés de manière trompeuse, car ils ne reflètent pas le système de tarification réellement appliqué pour le Mondial 2026.
« Bon à savoir pour tous les Congolais qui pensent aller à la Coupe du Monde 2026… », annonce notamment une publication virale de la page Central Buzz Congo (CBC). S’ensuit une liste détaillée des tarifs supposés :
Match d’ouverture : 560 à 2 735 USD ;
Matchs de groupes : 100 à 575 USD ;
Huitièmes : 220 à 890 USD ;
Quarts : 410 à 1 690 USD ;
Demi-finales : 455 à 2 780 USD ;
Match pour la 3e place : 165 à 1 000 USD ;
Finale : 2 030 à 6 370 USD.
Plusieurs versions de cette grille ont été relayées ici, ici, ici, ici et ici.
Ce que disent réellement les sources officielles
Pour la Coupe du monde 2026, la FIFA applique un système de tarification dynamique (“dynamic pricing”), confirmé notamment par The Guardian. Cela signifie que le prix des billets varie selon la demande, le stade, la catégorie du siège, l’opposition, la ville hôte.
Autrement dit, aucun prix fixe par phase du tournoi n’est publié à l’avance.
Les informations fiables disponibles indiquent notamment que le billet le moins cher : dès 60 USD pour certains matchs de la phase de groupes (The Guardian). Catégories premium / hospitalités : pouvant dépasser 6 700 USD pour des matchs très demandés, en particulier la finale.
Les prix intermédiaires ne sont pas standardisés : ils changent selon les villes (Los Angeles, New York, Vancouver, Mexico…), les stades, la demande locale et le moment de l’achat.
Le site spécialisé fifaworldcupnews.com, qui compile les données FIFA, confirme également qu’il est impossible d’établir une liste tarifaire uniforme par phase, en raison de ce même système dynamique.
Ce que montre la comparaison avec la publication virale
Congo Check observe que, si certains montants publiés peuvent correspondre à des cas extrêmes, d’autres sont exagérés, présentés hors contexte, ou totalement déconnectés du système réel de tarification.
Par exemple, la fourchette « 100–575 USD » pour les matchs de groupes existe en théorie, mais seulement en fonction du stade, de la ville et de la demande, et non comme une règle uniforme. Les prix indiqués pour la finale (2 030–6 370 USD) correspondent uniquement aux catégories les plus chères, alors que aucune fourchette fixe n’est applicable à l’ensemble des billets. Les tarifs “par étape” sont listés comme si la FIFA annonçait un barème officiel par phase, ce qui est faux.
Ainsi, la publication donne l’impression d’un tableau officiel, alors qu’il s’agit en réalité d’une synthèse approximative, mêlant des prix plausibles, des extrapolations, des exagérations et des estimations issues de plateformes de revente.
Pourquoi ces prix semblent plus élevés qu’en 2022
Selon les plateformes sportives étudiées par Congo Check, l’inflation internationale augmente les coûts des événements sportifs. Le marché nord-américain (Canada–Mexique–États-Unis) est naturellement plus cher (infrastructures, logistique, pouvoir d’achat).
Le format élargi (48 équipes + 104 matchs) augmente la demande globale alors que les billets restent limités.
La revente officielle, avec commissions, fait grimper les tarifs les plus élevés.
À titre de comparaison, en 2022 (Qatar), certains billets de groupes coûtaient entre 10 et 11 euros en catégorie réservée aux résidents. En 2026, les premiers prix dépassent déjà 50 euros, et les meilleurs sièges peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars.
Des intentions nuisibles derrière ces publications
Cette fausse grille tarifaire induit le public en erreur sur les véritables prix des billets de la Coupe du monde 2026, créant de fausses attentes financières et poussant certains internautes à paniquer inutilement ou à renoncer à des plans de voyage sur la base d’informations trompeuses. En circulant massivement, cette rumeur expose les internautes au risque d’escroqueries, notamment via des plateformes non officielles de revente de billets. Sa correction permet de protéger les supporters congolais et africains qui prévoient de se rendre au mondial, de restaurer la bonne compréhension du fonctionnement des ventes de billets, et de préserver la crédibilité des sources fiables face à la désinformation sportive, un domaine où les manipulations sont de plus en plus fréquentes.


