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Non, TikTok n’a pas validé la monétisation pour les créateurs de contenus basés au Rwanda

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Sur les réseaux sociaux notamment Facebook, LinkedIn, X (ex Twitter), WhatsApp… circule une information erronée, annonçant l’activation de la monétisation TikTok pour les créateurs basés au Rwanda. Congo Check qui a vérifié cette assertion auprès du géant tech TikTok mais aussi auprès du gouvernement rwandais et prouve qu’elle est fausse et non fondée sur aucune base factuelle.

Table des matières

  • Congo Check a retrouvé la désinformation/mésinformation en cours de vérification sur : Facebook, Twitter, WhatsApp, Instagram, Threads et TikTok lui a signifié sa vitarité sur LinkedIn.
  • La monétisation TikTok Creators n’est pas encore activée au Rwanda
  • Comment font les créateurs basés dans ce pays pour gagner de l’argent via TikTok ?
  • Quelle est la situation actuelle de la monétisation TikTok pour les créateurs dans le monde et l’état de lieu dans la région des Grands-Lacs africains ?
  • Processus de vérification
  • Impacts de la désinformation
  • Réponse recommandée

TikTok et le Rwanda démentent l’activation de la monétisation pour créateurs au Rwanda

Dans sa démarche de vérification de faits, Congo Check s’est entretenu avec le bureau Afrique de TikTok avec lequel il échange souvent et rapporte des incidents sur la violation des standards de la communauté. D’ailleurs lors de la crise sécuritaire ayant entraîné la chute de la ville de Goma entre les mains de la plateforme politico-militaire Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars (AFC-M23), TikTok proposait qu’elle puisse référer ses utilisateurs sur le site internet de Congo Check afin d’y accéder à de l’information vérifiée. Durant cette période, plusieurs médias basés à Goma dans la partie orientale de la RDC étaient in opérationnels suite à la coupure de l’électricité et d’internet. Parmi les médias de vérification de faits basés dans ladite région, Congo Check était le seul médias en activité pour avoir activé sa cellule de crise une semaine avant l’escalade à la suite de son monitoring de la situation de terrain. 

Concernant la monétisation TikTok pour créateurs basés au Rwanda, TikTok est formel: “Ce truc du Rwanda est partout, même sur LinkedIn. Ce n’est pas vrai” précise le desk contacté.

Fin février dernier, le ministère de technologies de l’information et innovation, entité gouvernementale responsable de ce secteur avait estampillé “FAUX” un document circulant en ligne en tant que “certificat d’approbation de la monétisation TikTok”.

Au Rwanda et dans plusieurs pays africains, les créateurs gagnent par d’autres voies que la monétisation

Pour essayer de s’en sortir sur les plateformes numériques majeures telles que TikTok, plusieurs créateurs de contenus basés en Afrique passent par des alternatives incluses dans les applications de ces plateformes ou par le modèle économique traditionnel de la publicité. 

Sur l’application TikTok, il est possible pour les créateurs de contenus de gagner de l’argent en convertissant en monnaie les cadeaux reçus durant leurs lives (étoiles, lions…).

Le placement de produits, des bannières, des mentions, des publicités en vidéo voire la vente en ligne ou les campagnes de fundraising sont actuellement des canaux les plus en vogue pour créer des revenus sur TikTok. 

Aucun pays africain n’est pas encore éligible à la monétisation TikTok Creators

Dernière mise à jour datant du 26 février 2026, la page consacrée à la récompense des créateurs de contenus sur TikTok consultée par Congo Check ce 18 mars, renseigne qu’aucun pays africain n’est encore éligible pour cette catégorie de monétisation. 

Prêt à vous lancer ? Assurez-vous simplement de remplir les critères suivants pour commencer :
Le programme est actuellement ouvert aux créateurs résidant aux *États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon, en Corée du Sud, en France, au Mexique et au Brésil.* Vous devez donc être basé dans l’un de ces pays et y posséder un compte enregistré.
Votre compte TikTok doit être en règle, c’est-à-dire que vous devez respecter notre Règlement de la communauté et nos Conditions d’utilisation.
Seuls les comptes personnels sont éligibles. Les comptes professionnels et les comptes associés à des organisations politiques ou gouvernementales ne sont pas éligibles.
– Vous devez avoir au moins 18 ans pour participer.
– Votre compte doit compter au moins 10 000 abonnés et 100 000 vues au cours des 30 derniers jours.
– Vous ne devez en aucun cas manipuler le programme, vous livrer à des activités frauduleuses ou enfreindre notre Règlement de la communauté note la page que vous pouvez également consulter via ce lien.

TikTok

Congo Check a tenté de cliquer sur le lien menant vers la configuration de cette monétisation en se déplaçant au Rwanda, mais l’application s’est plantée avec cette réponse: “ce programme est actuellement indisponible dans votre région”.

Pourquoi était-ce important de vérifier cette assertion ?

Plusieurs créateurs de contenus ont été enthousiastes à la publication de cette désinformation et ont prévu d’investir du temps et des moyens dans la création afin de pouvoir bénéficier de cette source de revenus. D’autres ont même mentionné leur envie de déménager dans le pays de milles collines en vue de pouvoir y établir leur hub de création. 

Laisser également cette assertion sans debunking risque de biaiser les données scientifiques dans la région, qui peuvent reprendre ces publications sans la peine de vérification. Ainsi pour assurer une fiabilité des données en ligne, il était important d’apporter un éclairage sur ce sujet suscite de l’engouement de la part des consommateurs de contenus viraux. 

Processus de vérification et appel à la vigilance

Congo Check a d’abord enquêté sur l’origine de cette désinformation avant de la débusquer. Durant sa recherche, notre équipe a constaté que la vague de propagation de cette information erronée remonte au 6 février 2026.

En effet, ce jour-là la ministre de technologies de l’information et innovation Paula Ingabire avait commenté les avancées du Rwanda afin de pouvoir se tenir prêt pour la monétisation des contenus sur les plateformes numériques. 

En présentant lors de l’événement Umushyikirano2026, les trois conditions essentielles à la monétisation des médias sociaux dont la conformité réglementaire, les volumes publicitaires et l’infrastructure de paiement, Ingabire avait souligné que le Rwanda en remplissait déjà deux et que le pays s’efforçait de renforcer sa base publicitaire afin d’être en ordre avec ces critères. 

C’est de cette sortie que les mauvaises interprétations sont sorties jusqu’à l’apparition dans cette vague de ce faux “certificat d’approbation de la monétisation TikTok” sur internet.

Congo Check a donc recouru à la vérification via les sources primaires pour certifier les données qui ont constitué ce travail de debunking.

Voici les outils qui ont plus contribué à cette recherche :

  • 1. La prise de contact avec TikTok,
  • 2. La documentation (vérification des documents, sites et plateformes officielles, vidéos),
  • 3. Le test (clic sur le lien TikTok Rewards program depuis le Rwanda),
  • 4. Google Lens (introduction du certificat et des captures d’écrans de la photographie de la ministre Paula Ingabire mise en avant dans les posts erronés)

Aux internautes qui lisent cette vérification et qui sont quotidiennement confrontés à la multitude d’informations dont certaines sont erronées, biaisées, manipulées ou détournées, voici quelques astuces que Congo Check vous propose d’adopter dès à présent :

Faites une pause et vérifiez avant de partager : surveillez le langage utilisé par l'auteur de la publication. Les fausses nouvelles utilisent souvent des mots exagérés tels que "Breaking !", "Attaque massive !", ou "Secrets que le gouvernement cache", "URGENT", "Partagez pour sauver des vies", "Bonne nouvelle"...
Vérifiez la date : De nombreux clips sont des événements réels, mais partagés au mauvais moment pour induire sciemment en erreur ou pour revendiquer une cause. Recherchez le texte ou l'image sur Google ou YouTube pour voir si le contenu correspond à quelle période et si de quelle manière les médias de diverses lignes éditoriales ont couvert l'événement.
Utilisez des outils de recherche d'images/vidéos : Si vous recevez une vidéo, prenez une capture d'écran et téléversez celle-ci dans l'appareil photo de votre moteur de recherche à l'exemple de Google Lens. Ces outils peuvent rapidement indiquer quand et où l'image ou la vidéo est apparue pour la première fois en ligne.
Ne suivez que les sources officielles : dans des différentes crises que connaît l'humanité, la réalité a toujours été la première victime. Comptez sur des mises à jour directes provenant d'autorités de confiance et de organes de presse établis. Pensez à diversifier ces sources afin de ne pas consommer que la propagande d'une partie au conflit. Il est intéressant dans ce cas de lire les parties aux conflits et les différents médiateurs mais également des sources désintéressées du conflit (indépendantes) afin de se faire sa propre opinion. 
Vérifiez le contexte: recherchez des détails tels que les plaques d'immatriculation, les styles de vêtements ou les conditions météorologiques dans la vidéo pour voir si elles correspondent à la situation actuelle. Vérifiez les tons de textes et voix, les gestes dans les vidéos, scrutez les codes linguistiques... afin d'échapper aux pièges de manipulation visuelle ou sonore via l'intelligence artificielle.

Avis de Congo Check à la communauté en ligne de la République démocratique du Congo, de la République centrafricaine, du Congo-Brazzaville et de l'Afrique francophone : Si votre contenu est étiqueté comme faux, partiellement faux, sans contexte, photo ou vidéo retouchée... ne le supprimez pas ! Modifiez-le, avec la mise à jour de l'article de vérification que nous mettons à votre disposition, puis signalez-le-nous ! Ou faites un recours si vous estimez que notre article de vérification ne contient pas suffisamment d'éléments factuels susceptibles d'appeler à la modification de votre contenu. Notre équipe sera alors avertie et procédera au retrait du tag ou vous fournira plus d'assistance dans la compréhension du contexte autour de votre contenu ! En supprimant le contenu, nous ne pourrons malheureusement rien faire de plus et la sanction sera maintenue !


Congo Check, étant signataire du code de principe du Réseau international des fact-checkers (IFCN), se soumet aux principes de transparence et d’impartialité. Si, d’une manière ou d’une autre, vous pensez que l’un de nos articles viole ces principes (voir la vidéo ici https://youtu.be/OVrx_2OYuTg ) vous pouvez nous contacter à info@congocheck.net . Vous pouvez aussi reporter vos préoccupations à l’IFCN, en leur écrivant à info@poynter.org. Veuillez lire ici la politique de réclamation de IFCN : https://ifcncodeofprinciples.poynter.org/complaints-policy

Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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