Plusieurs publications sur les réseaux sociaux au sujet de la lutte contre le cancer de sein, parle de se faire sucer les seins par un homme comme moyen de prévention du cancer de sein chez les femmes.
Sur Facebook, ces publications ont été partagées dans le temps et aujourd’hui elles réapparaissent avec viralité en faisant ainsi croire aux internautes que cela constituerait un moyen de lutte contre le cancer de sein.
” Demain, c’est octobre rose, faites-vous sucer les seins, le cancer oh “, pouvons-nous lire sur le compte Facebook ” Eux C’est Qui “
Une publication similaire à celle du compte ” l’amour n’a pas d’âge ” qui dit que sucer les seins d’une femme, c’est pour lui éviter le cancer.
” les études montrent qu’il faut sucer les seins de sa femme pour prévenir le cancer de seins “, dit également Pascal Badibanga dans sa publication sur Facebook.
Il n’existe aucune preuve scientifique qui révèle que sucer les seins des femmes par les hommes leur évite le cancer de sein.
Cette affirmation figure dans d’autres publications sur les réseaux sociaux sans aucune explication supplémentaire.
” Le fait de sucer les seins d’une femme n’a aucun effet médicalement prouvé pour prévenir ou guérir le cancer du sein “, dit ” Ta coach santé bio” aux côtés de plusieurs autres inernautes.
Face à cette équivoque, Congo Check a mené des recherches appronfondies pour des précisions exactes et scientifiquement prouvées.
La succion des seins n’est ni un moyen de lutte ni un moyen préventif
Congo Check s’est entretenu avec Dr Elisabeth Mishika, médecin spécialisée dans le traitement du cancer de sein et du col de l’utérus et conseillère au sein de la clinique du CDD (Centre de Dépistage et de Diagnostic). Celle-ci précise que la succion des seins n’a aucun effet préventif ou thérapeutique sur le cancer de sein :
“ Le fait qu’un partenaire suce ou stimule les seins, n’a aucun effet préventif ou thérapeutique sur le cancer du sein. Tout simplement parce que la protection vient du processus hormonal complet de la lactation. Cela signifie la production et la libération du lait déclenché par deux hormones notamment la prolactine et l’ocytocine. Là c’est chez une femme qui allaite mais chez une femme qui n’allaite pas, ces hormones ne sont pas activées de manière durable et il n’y a pas de vidanges régulière de la glande mammaire.
Par ailleurs, des stimulations repetées non physiologique peuvent même irriter le tissus mammaire ou provoquer des inflammations locales sans aucun bénéfice médical. Il faut noter que c’est l’allaitement maternel avec suscion par le nourrisson et production hormonale associées qui protègent scientifiquement contre le cancer. “
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la détection et le traitement précoces des cas permettent de réduire la mortalité liée au cancer du sein.
” La détection précoce comporte deux composantes : le diagnostic précoce, connaître les signes et symptômes du cancer du sein et être conscient de l’importance de consulter un médecin si l’on détecte une anomalie, pour une évaluation clinique et un diagnostic en temps utile et l’orientation vers des services de traitement; le dépistage, un recours à la mammographie dans une population apparemment en bonne santé, généralement des femmes âgées de 50 à 69 ans, afin de détecter les lésions précliniques avant l’apparition de signes ou de symptômes reconnaissables. “
Nul part dans les mesures de prévention et traitement, il n’est mentionné la succion des seins par les hommes.
L’allaitement maternel dans la réduction des risques et jamais la succion des seins
Les études affirment que l’allaitement maternel contribue à réduire le risque de 4 à 5 % de faire le cancer de sein. Voilà pourquoi il est encouragé plutôt l’allaitement maternel car c’est un facteur protecteur contre le cancer de sein, a fait savoir Dr. Elisabeth Mishika.
” Ce qu’il faut comprendre, quand une femme allaite un bébé, son corps produit deux hormones : la prolactine qui stimule la production de lait et l’ocytocine qui favorise le bien-être et protège le tissus mammaire. Donc ces deux hormones ont un effet protecteur naturel à savoir la reduction des nombres de cycle menstruel et limite la production des strogènes, ce qui diminue le risque de cancer de sein. Et là c’est chez une femme qui allaite souvent et longtemps, notemment huit à douze fois par jour les six premiers mois. A ne pas confondre avec la suscion par une partenaire parce que là, les deux hormones ne sont pas produites et voilà pourquoi cela n’a aucun effet protecteur contre le cancer de sein “, ajoute Dr. Elisabeth Mishika.
Elle dénonce la campagne sur la succion des seins par les hommes comme trompeuse et rappelle des mesures réellement utiles dont le dépistage précoce, le suivi médical et, lorsque possible, l’allaitement maternel.
Pour l’Institut National du Cancer, différents types de traitements peuvent être utilisés pour traiter un cancer du sein notamment la chirurgie, la radiothérapie, l’hormonothérapie, la chimiothérapie et les thérapies ciblées.
” Arrêter de fumer est toujours bénéfique, ainsi que pratiquer une activité physique adaptée et avoir un accompagnement nutritionnel. Ce sont des éléments importants pour la qualité de vie du patient. “
Les mesures de prévention contre le cancer de sein
En ce qui concerne la prévention du cancer de sein, il faut savoir que ce dernier est une maladie multifactorielle. C’est à dire la combinaison des plusieurs facteurs qui contribue à faire le cancer de sein. Parmi ces facteurs, il y en a qui sont modifiables et les autres non modifiables :
” Parmi ceux non modifiables, nous avons par exemple le sexe. Le sexe féminin est l’un des facteurs de risque, le fait d’être de sexe féminin, cela augmente le risque de faire le cancer de sein. Quatre-vingt-dix-neuf pourcents de cancer de sein concernent les femmes contre seulement un pourcent pour les hommes. Ce qui veut dire que les hommes aussi peuvent faire le cancer de sein mais le gros, ce sont les femmes. Le deuxième facteur non modifiabl, c’est l’âge. Le risque de faire le cancer de sein augmente avec l’âge. Le diagnostic montre que le risque augmente après cinquante ans. Cela touche au moins quatre-vingt pourcent de cas pour les femmes de plus de cinquante ans. Les vingt pourcent autres veut dire que le cancer de sein peut toucher aussi les femmes de moins de cinquante ans “, affirme Dr. Elisabeth Mishika.
A elle de poursuivre : ” à côté de Ceux-là, nous avons parmi les facteurs non modifiables, les antécédents personnels liés à la famille. Si on a les parents de premier ou deuxième degré qui ont une histoire avec le cancer de sein dans la famille, c’est aussi un facteur de risque. Cela ne signifie pas que celui qui a des antécédents de cancer dans la famille fera forcement le cancer de sein mais le risque est plus probable. Il y a aussi le risque pour les femmes qui ont eu leurs règles avant douze ans, celles aussi qui ont eu leur ménopause après cinquante-cinq ans.
Nous avons aussi des facteurs modifiables liés à notre mode de vie, à nos habitudes de vie. Premierement nous avons la consommation d’alcool. L’alcool est incriminé parmi les facteurs de risque du cancer de sein aussi et le tabagisme. “
Selon la société américaine contre le cancer (American Cancer Society), toutes les femmes peuvent prendre plusieurs mesures pour reduire le risque de développement du cancer de sein.
” If you’re concerned about your breast cancer risk, talk to your health care provider. They can help you estimate your risk based on your age, family history, and other factors. If you are at increased risk, you might consider taking medicines that can help lower your risk. Your health care provider might also suggest you have more intensive screening for breast cancer, which might include starting screening at a younger age or having other tests in addition to mammography.”
L’idée selon laquelle se faire sucer les seins par un homme préviendrait le cancer du sein est une information sans aucun fondement scientifique. Pour réduire le risque et détecter un cancer tôt, suivez les recommandations médicales : dépistage régulier, consultation en cas de symptôme, conseils sur le mode de vie, et, le cas échéant, allaitement maternel comme facteur protecteur réel.


