Des publications virales diffusées sur Facebook affirment que le roi du Maroc, Mohammed VI, se serait rendu à Paris pour soutenir le chanteur Gims après son interpellation en France. Ces messages, souvent accompagnés d’une vidéo présentée comme récente, évoquent un déplacement du souverain marocain pour « défendre » l’artiste. Mais après vérification, cette affirmation est fausse et repose sur une séquence sortie de son contexte.
Dans ces contenus, des internautes affirment que le souverain marocain aurait récemment fait le déplacement pour « défendre » Gims face à la justice française. Pourtant, aucune source officielle, tant du côté des autorités marocaines, que du côté français, ne confirme un tel voyage. Aucun média crédible n’a non plus rapporté un déplacement du roi Mohammed VI à Paris en lien avec cette affaire.
La vidéo utilisée pour appuyer cette rumeur ne montre d’ailleurs pas ce qui est avancé. Une vérification permet d’établir qu’elle a été filmée le 29 octobre 2024 à Rabat, lors d’un dîner officiel offert à l’occasion de la visite du président français Emmanuel Macron au Maroc. Congo Check a retrouvé cette séquence sur des publications de 2024, notamment à travers la plateforme Brut. Ces images, anciennes et sans lien avec l’actualité, sont ainsi détournées pour laisser croire à la présence récente du souverain marocain en France. Cette technique de réutilisation de contenus hors contexte est couramment utilisée pour appuyer des informations trompeuses.
Congo Check a contacté le ministère marocain des Affaires étrangères qui n’a pas donné suite. Toutefois, la dernière sortie publique du souverain chérifien remonte au 20 mars lorsqu’il a accompli sa prière de l’Aïd Al-Fitr à la mosquée « Ahl Fès » à Rabat.
D’autres recherches menées par nos équipes ont démontré que seule la RDC -dont l’artiste possède encore la nationalité et qui lui a offert un passeport diplomatique- a tenté d’invoqué les immunités diplomatiques.
S’il est avéré que Gims a été interpellé en France fin mars 2026 dans le cadre d’une enquête judiciaire, aucun élément ne permet d’établir un lien avec une quelconque intervention du roi marocain. Par ailleurs, même si Gims entretient des liens connus avec le Maroc et a déjà été aperçu à plusieurs reprises en compagnie de Mohammed VI, cette proximité ne signifie pas une implication du souverain dans ses affaires judiciaires. Dans le fonctionnement des institutions françaises, une telle intervention étrangère serait d’ailleurs hautement improbable.


