Une image présentée comme une lettre de démission de Modeste Bahati Lukwebo circule avec insistance sur les réseaux sociaux, au lendemain de la rentrée parlementaire en RDC. Le document prétend que l’élu aurait décidé de quitter ses fonctions de 2ème vice-président du bureau définitif pour « préserver sa dignité ». Cependant, après vérification des faits et recoupement auprès des sources concernées, il s’avère que ce document est un faux manifeste visant à manipuler l’opinion publique dans un contexte politique particulièrement tendu.
Contacté dans la matinée du même mardi, Jimmy Mukelenge, conseiller en communication de Modeste Bahati, a dénoncé une « fake news ». Plus tard dans la journée, le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a expliqué à Congo Check ne pas être l’auteur de ce document. « Je n’ai pas démissionné. Je suivrai la procédure jusqu’au bout », a-t-il déclaré pour couper court aux spéculations, alors qu’une procédure d’éviction a été initiée contre lui.
Ce démenti est appuyé par plusieurs incohérences graphiques relevées sur le document viral, notamment une signature apocryphe qui ne correspond présente des différences avec la signature de Bahati retrouvée dans des documents que Congo Check a pu authentifier.

Autre incohérence, le document datant du 17 mars a été curieusement diffusé tard dans la soirée du 16 mars. Congo Check a également approché des journalistes accrédités au Sénat. « Je suis au Sénat et je peux vous confirmer que cette lettre n’a pas été déposée ici », a confié Armand Mutamba.
Toutefois au Sénat, une pétition a bien été déposée pour obtenir le départ de Bahati du bureau. Ce mercredi, la Chambre basse va mettre en place une commission spéciale chargée d’examiner ladite pétition signée par 83 sénateurs. Chef de file des pétitionnaires, le sénateur Dany Kabongo reproche à Bahati une « incompétence notoire ». Cette procédure a été enclenché quelques jours après la prise de position de Bahati Lukwebo contre la révision constitutionnelle », a déclaré le sénateur Dany Kabongo, à sa sortie de la salle internationale de conférence du Palais du peuple, où la Chambre haute du Parlement congolais a lancé la session ordinaire de mars 2026.


