Un document présenté comme un télégramme officiel du Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, circule massivement sur les réseaux sociaux, affirmant que le gouverneur du Kongo Central, Grâce Bilolo, doit céder ses fonctions à son adjoint. Ce message enjoint l’autorité provinciale de cesser toute activité en raison d’une procédure judiciaire pendante devant la Cour de cassation. Cependant, une analyse approfondie démontre que cette correspondance est une « fake news » basée sur un montage technique.
« Le VPM de l’Intérieur, ordonne au gouverneur du Kongo central Grâce BILOLO, de céder l’intérim à son vice-gouverneur »,li-on sur ces publications, avec en illustration, le télégramme attribué au ministre.
Pourtant, l’examen de documents similaires révèle l’existence d’un second télégramme strictement identique visant la province du Sud-Ubangi. Les deux documents partagent le même numéro de référence administratif ainsi que des annotations manuscrites placées de manière parfaitement superposable, ce qui prouve l’utilisation d’une matrice numérique unique modifiée frauduleusement pour viser plusieurs gouverneurs simultanément.
Face à ce double télégramme, les équipes de Congo Check ont entrepris de les authentifiés auprès des services du ministre. « Aucun télégramme n’a été envoyé récemment au Kongo Central, en dehors des correspondances relatives à la conférence des gouverneurs et à son report », a répondu la cellule de communication de la vice-primature, qualifiant ce document de faux, tout en reconnaissant le télégramme du Sud-Ubangi.
Les médias de proximité comme « Kongo Actu » ont également apporté un démenti formel à cette allégation. « Aucun changement n’est intervenu au sein de l’exécutif provincial, le fonctionnement du gouvernorat reste inchangé », a confirmé ce média basé à Matadi.
La crédibilité de cette infox repose sur l’exploitation d’un contexte judiciaire bien réel pour piéger l’opinion publique. Le gouverneur Grâce Bilolo fait effectivement l’objet d’une instruction judiciaire devant la Cour de cassation pour des soupçons de détournement de fonds publics, suite à un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF). Il a d’ailleurs déjà comparu devant le Parquet général à Kinshasa en février 2026 pour s’expliquer sur sa gestion.


