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Non, l’ancien chef rebelle Thomas Lubanga n’est pas mis sous résidence surveillée à Kampala

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Depuis plusieurs semaines, des publications sur les réseaux sociaux notamment via la messagerie cryptée WhatsApp ont annoncé l’assignation de Thomas Lubanga en résidence surveillée par les autorités congolaises. Congo Check s’est entretenu avec les services de sécurité ougandais (armée et police) mais également avec Thomas Lubanga et constate que ce dernier n’est pas contraint à cette mesure. Thomas Lubanga est plutôt considéré comme exilé politique par l’Ouganda attestent les sources consultées par Congo Check. 

“Thomas Lubanga arrêté en Ouganda ? D’après des sources citées par l’acteur politique de l’Ituri, Luc Malembe, à Kampala, le chef-rebelle proche du M23 et ancien prisonnier de la CPI, Thomas Lubanga, serait placé en résidence surveillée par les autorités ougandaises. Il lui est interdit de continuer à attaquer les FARDC avec sa milice tribale de CRP jusqu’à nouvel ordre” écrivent plusieurs posts sur les réseaux sociaux.

La plateforme politico-militaire de Lubanga dit qu’il n’est pas assigné en résidence surveillée

“Ni bongo -ndlr- c’est du mensonge. J’ai reçu plusieurs appels depuis le matin vérifiant la véracité de cette fausse information partagée sur les réseaux sociaux. D’ailleurs pour l’instant, Monsieur Thomas Lubanga prend sa pause. Dès qu’il va se lever, je vous rappellerai afin que vous puissiez discuter avec lui” confie Justin Lobho, qui a rappelé Congo Check une vingtaine de minutes après via la messagerie WhatsApp.

“Il s’agit d’une énième attaque personnelle orchestrée par Luc Malembe, un jeune politicien de l’Ituri, qui a toujours voulu faire attendre sa voix en inventant des faits imaginaires sur ma personnalité. Pourtant il ne me verra pas vociférer en réaction à ses montages. Il mène sa propre guerre médiatique de cette manière” dit Thomas Lubanga au téléphone de Congo Check.

“Je suis libre de tout mouvement et je mène paisiblement mes activités en Ouganda. D’ailleurs pendant que nous parlons au téléphone, je corrige le brouillon de la déclaration que notre mouvement politico-militaire compte publié la semaine prochaine en réaction à la signature de l’accord de Washington entre le gouvernement congolais et rwandais mais aussi sur les pourparlers en cours à Doha” indique Thomas Lubanga qui a pris l’appel depuis le téléphone de Justin Lobho, un officier de l’armée congolaise ayant fait défection depuis janvier dernier et qui est l’actuel chef d’état-major de la CRP (Convention pour la Révolution Populaire).

Cette déclaration avait été lue par Thomas Lubanga devant la presse à Kampala. Dans cette déclaration publique, ce premier condamné de la Cour Pénale Internationale a fustigé l’exclusivité de négociations menées par le gouvernement congolais avec le Rwanda à Washington et celles en cours avec l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars à Doha au Qatar.

L’armée et la police ougandaise indiquent n’être pas impliquées dans une quelconque mise en résidence surveillée de Thomas Lubanga

Cherchant à savoir si l’armée ou la police ougandaises sont mises en contribution dans l’assignation de Thomas Lubanga en résidence surveillée, ces deux entités de services de sécurité ougandais ont nié leur participation à une pareille mesure. 

Le brigadier général Félix Kulayigye, porte-parole de Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) a indiqué à Congo Check que l’armée n’était pas intervenu dans une pareille situation. Il a recommandé à nos équipes de vérifier cela avec la police ougandaise. 

Contacté par Congo Check via la messagerie WhatsApp, le commissionnaire assistant de police Rusoke Kituuma, porte-parole de la police ougandaise a déclaré qu’il a vérifié cette allégation auprès de toutes les stations de police sans trouver d’implication. 

«Je n'ai aucune information sur cette personne. J'ai demandé si un commissariat le détenait et pour quel chef d'accusation. Je n'ai reçu aucune réponse affirmative».

L’Ouganda indique que Thomas Lubanga vit sur son territoire sous statut d’exilé politique

Dans la recherche d’autres preuves sur le statut de l’ex chef de la task force pour la paix en Ituri mandatée par le président congolais Félix Antoine Tshisekedi, Congo Check a eu accès aux coulisses de la rencontre qu’a eu le médias Jeune Afrique avec Thomas Lubanga. Dans sa parution, ce journal explique profondément les démarches menées par Thomas Lubanga pour s’installer à Kampala. Ce dernier, qui considère le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni comme un père, indique que Kampala était l’endroit le plus proche où il pouvait s’exiler après des discordances avec les autorités congolaises. De leur côté, les autorités ougandaises précisent à Jeune Afrique que Thomas Lubanga vit officiellement sur son territoire sous le statut d’exilé politique. En rencontrant l’ancien chef de la rébellion Union de Patriotes Congolais (UPC), Jeune Afrique a constaté que l’Ouganda a mis à sa disposition un agent de sécurité pour s’assurer de sa protection.

L’auteur de l’infox dit avoir cherché à briser le silence de Thomas Lubanga

Congo Check s’est entretenu avec l’activiste politique Luc Malembe, auteur de cette infox. Dans un premier temps, ce dernier avait déclaré avoir confiance à ses sources au sein de services ougandais, qui lui ont notifié l’assignation de Thomas # Lubanga en résidence surveillée. 

Dans une seconde relance envoyée à Luc Malembe par Congo Check, ce dernier a avoué avoir chercher à faire parler Thomas Lubanga. Il se félicite d’avoir accompli la mission.

«J’ai réussi à le faire sortir de son trou. C’est exactement ce que je cherchais. Immagine que depuis sa fuite en ouganda il y a bientôt 2 ans, il n’avait jamais rien dit» répond-il fièrement à la conversation WhatsApp lancée par Congo Check.

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Fiston MAHAMBA
Fiston MAHAMBA
K. MAHAMBA WA BIONDI, connu sous le nom de plume "Fiston Mahamba Larousse" est diplômé en sciences de l'environnement et développement durable à l'Institut Supérieur de Développement Rural à Beni (RDC). Journaliste basé dans la partie Orientale de la République démocratique du Congo depuis 2012, il s'est forgé dans l'exercice de ce métier après plusieurs formations de journalisme à la Deutsche Welle Akademie, le centre de développement médias de la radiodiffusion publique Allemande. En 2018, il s'inscrit à l'École Supérieure de Journalisme de Lille pour parfaire une licence en journalisme multimédia. Ancien officier de communication au sein des Nations Unies, il a un Master2 en Techniques des Métiers de l'Information à l'Université Nazi Boni (Burkina Faso) en coopération avec l’Université Lumière Lyon2 (France). Il a suivi un cursus de Diplôme Universitaire en Journalisme Web Multimédia à l’Ecole Publique de Journalisme de l’Université de Tours en France avant de poursuivre sa formation en recherche à la Haute Ecole des Sciences de l’Information et de la Communication (CELSA) de la Sorbonne Université à Paris. Son livre "RDC-Ebola: Fixers, ces boucliers non immunisés" est en cours d'édition. Journaliste et chercheur spécialisé sur la région orientale de la République démocratique du Congo et les Grands-Lacs africains, ses études se focalisent sur les ressources naturelles, l’extrémisme violent, la santé, les conflits... Ses domaines de travail journalistique sont orientés vers l'environnement, le développement, l'emploi, les nouvelles technologies, l'agriculture, la politique, la culture,... qu'il couvre en écriture et images.

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