Le 24 février, alors que plusieurs sources annonçaient le décès de Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, un communiqué attribué à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) est devenu virale sur Facebook et X. Son contenu suggère que les évêques catholiques auraient condamné avec la « dernière énergie l’assassinat de Willy Ngoma ». Ce document prétendument officiel aurait été signé par Mgr Donatien Nshole, Secrétaire général de la CENCO, avec tampon et entête, donnant l’impression d’un communiqué authentique.
« Urgent : la CENCO condamne avec sa dernière énergie l’assassinat de Willy Ngoma », lit-on sur ces publications.
Si la mort de Willy Ngoma a été confirmé par plusieurs médias et revendiqué par les FARDC, l’Alliance fleuve Congo (AFC) n’avait pas encore communiqué officiellement jusque dans l’après-midi du 25 février. Pour ce qui est du communiqué, son analyse par les équipes de Congo Check a permis de relever plusieurs incohérences. D’abord la typographie du contenu qui diffère de celle de l’entête, ce qui suggère un « collage ».
De plus, le ton est très accusateur. Le document évoque un « assassinat ciblé » et affirme que le gouvernement congolais viserait l’élimination systématique de la communauté banyamulenge. Un détail important et contradictoire alors que Willy Ngoma ne faisait pas partie de la communauté Banyamulenge. Enfin, le titre et le vocabulaire sont inhabituels. Le document évoque, dans son titre « Dénonciation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) face à la stigmatisation des Swahiliphones ».
Une recherche Google avec ce titre a permis finalement de retrouver le document original, un communiqué du 22 février 2025, disponible sur le site de la CENCO. La comparaison de ce document et celui en circulation sur Facebook permet encore de déceler des incohérences, à l’instar de la mention du jour de la semaine qui n’est pas présente dans les communications authentiques de la CENCO.
Sur ce même site, aucune trace d’un communiqué du 24 février 2026. Contacté, le bureau de la commission épiscopale de communications sociales à la CENCO a formellement démenti être à l’origine de ce texte, pointant des « personnes de mauvaise foi qui cherchent à ternir l’image de la CENCO ».
Pour se rassurer de l’authenticité d’un document, il est important de consulter les canaux officiels et d’observer les détails.


