Dans une interview accordée par le président de la Confédération africaine de football (CAF), le milliardaire sud-africain Patrice Motsepe, plusieurs pages et médias sociaux sportifs ont relayé une information faisant état de l’annulation définitive du Championnat d’Afrique des nations (CHAN). Cette compétition, réservée aux joueurs évoluant uniquement dans les championnats nationaux africains, a été créée en 2009 pour promouvoir les talents locaux du continent. Attribuée à Patrice Motsepe, cette prétendue annonce a provoqué une onde de choc dans l’univers sportif africain. Pourtant, le président de la CAF n’a jamais annoncé l’annulation du CHAN. La compétition a plutôt fait l’objet d’un report de calendrier, et non d’une suppression.
Plusieurs pages ( 1 , 2 , 3 , 4 ) Facebook annoncent par exemple : « la CAF annule le CHAN. Ça ne sera plus organisé ».
Dans la plupart de ces publications ( 1 , 2 , 3 , 4 ), des internautes expriment leur désaccord avec l’instance dirigeante du football africain, estimant que cette compétition permet de valoriser les joueurs locaux et de leur offrir une vitrine continentale.
D’autres internautes ( 1 , 2 ) s’attaquent directement à Patrice Motsepe, qu’ils accusent d’un manque de fermeté face aux pressions supposées de la Fédération internationale de football association (FIFA), perçue comme cherchant à minimiser la valeur des compétitions africaines. Beaucoup critiquent aussi la réforme du calendrier, notamment l’idée d’organiser la CAN tous les quatre ans, et s’indignent de ce qu’ils croient être l’annulation du CHAN.
La CAF n’a pas annulé le CHAN
Pour vérifier cette information devenue virale, notre équipe a contacté la CAF. En attendant sa réponse, nous avons consulté les communications officielles de l’instance. Il ressort que le CHAN n’a pas été annulé, mais que son organisation a été reportée.
Le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) était initialement prévu du 1ᵉʳ au 28 février 2025 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. La CAF avait cependant décidé de repousser la compétition à août 2025, afin de laisser davantage de temps aux pays hôtes pour finaliser les infrastructures (stades, terrains d’entraînement, hébergements, logistique). Le tournoi s’est ainsi tenu du 2 au 30 août 2025, et le Maroc en est sorti vainqueur.
Jusqu’à présent (décembre 2025), aucune annonce officielle de la CAF ne fait état d’une annulation du CHAN. Les déclarations de Patrice Motsepe portent plutôt sur une réforme structurelle du calendrier du football africain, et non sur la suppression immédiate de cette compétition.
Lors de ses interventions publiques, la CAF avait insisté sur le fait que les pays hôtes progressaient dans les préparatifs et que le report visait à garantir un niveau d’organisation conforme aux standards internationaux. Aucune de ses déclarations récentes n’annonce une annulation définitive du CHAN.
L’origine de la rumeur de l’« annulation »
La confusion trouve son origine dans les discussions autour d’une réforme globale des compétitions africaines. La CAF a évoqué l’introduction future d’une African Nations League, sur le modèle de la Ligue des nations européenne. Dans ce cadre, il a été indiqué que le format du CHAN pourrait évoluer ou être repensé à long terme.
Cependant, cela ne signifie pas que le CHAN 2025 a été annulé. Il s’agit plutôt d’une réflexion sur l’avenir des compétitions africaines dans un calendrier en mutation. Présenter cette réforme comme une annulation immédiate est donc une interprétation erronée.
Une annonce qui crée des frustrations
Affirmer que le CHAN est annulé, alors qu’il s’agit d’un simple report ou d’une réflexion sur son avenir, désinforme le public et alimente inutilement la frustration des supporters, des joueurs et des acteurs du football local. Cette rumeur a suscité des réactions émotionnelles fortes, parfois dirigées contre les dirigeants de la CAF, sur la base d’une information inexacte.
Dans un contexte où les décisions sportives ont un impact majeur sur les carrières des joueurs locaux et sur la visibilité des championnats nationaux, il est essentiel de s’appuyer sur des sources officielles avant de relayer ce type d’annonce.


